Sécu étudiante: la Fage et l’UFC-Que Choisir dénoncent de « graves dysfonctionnements »

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La Fage, deuxième organisation étudiante, et l’UFC-Que choisir déplorent la « persistance de graves dysfonctionnements dans la gestion des mutuelles étudiantes » et des méthodes de vente « parfois agressives », d’après des témoignages d’étudiants recueillis dans une étude publiée jeudi.

Le problème de remboursements des soins figure en tête des griefs: 65% des 273 étudiants qui ont répondu à l’enquête ont pointé « des difficultés et des retards ».

« Ces dysfonctionnements ont des répercussions très directes sur l’accès aux soins des étudiants, qui sont pour certains contraints de reporter des soins pour raison budgétaire », souligne l’étude. « 17,4% d’entre eux déclarent renoncer à se soigner », rappellent les deux organismes dans un communiqué.

Les prestations sont, elles, toujours aussi « médiocres » et 38% des sondés rapportent « des retards dramatiques » dans l’obtention de la carte Vitale, allant parfois « jusqu’à trois ans d’attente ». Et quand ils veulent obtenir une aide, 40% des étudiants confient qu’ils n’ont pas obtenu de réponse de la part de leur mutuelle.

L’étude pointe également « les techniques parfois agressives » des mutuelles étudiantes pour « vendre un maximum de produits commerciaux » sur les stands des universités, le tout « dans un climat de rivalité exacerbée avec la mutuelle concurrente ».

La Sécurité sociale des étudiants est déléguée à deux organismes, la LMDE et le réseau de mutuelles régionales EmeVia. Elles remboursent les dépenses de soins d’un peu plus d’1,7 millions d’étudiants et ont perçu à ce titre 93 millions d’euros de l’Etat.

La Fage et l’UFC-Que Choisir « pressent » les pouvoirs publics de mettre fin à la délégation de service public dont bénéficient les mutuelles étudiantes et d’intégrer les étudiants au sein du régime général de sécurité sociale, « gage d’un service de meilleure qualité, plus lisible et à moindre coût ».

La Sécurité sociale étudiante a déjà été épinglée en septembre 2013 par un rapport de la Cour des comptes qui jugeait ce mode de gestion « peu encadré ». « Sa qualité de service est très insuffisante, qu’il s’agisse du remboursement des prestations ou des relations avec les assurés et ses coûts de gestion sont élevés », tranchait la Cour des Comptes.

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