Michel Lussaut nommé président du Conseil supérieur des programmes

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Najat Vallaud-Belkacem a nommé le géographe Michel Lussault président du Conseil supérieur des programmes (CSP), a annoncé jeudi le ministère de l’Education nationale.

M. Lussault, directeur de l’Institut français de l’éducation (IFE, rattaché à l’ENS de Lyon), succède à Alain Boissinot. Celui-ci avait démissionné avec fracas en juin, jugeant que l’instance n’était « pas adaptée » pour remplir la lourde mission d’élaborer les nouveaux programmes scolaires et déploré les « polémiques » nourries par les syndicats.

Le nouveau président du CSP a notamment été vice-président de la Conférence des présidents d’université et président de l’université de Lyon.

Il a « les qualités indispensables », a estimé jeudi la ministre devant le CSP, selon le texte de son discours transmis à la presse: « il a montré à la tête de l’IFE ses grandes qualités managériales et sa parfaite connaissance des enjeux pédagogiques. Il fait par ailleurs partie, depuis son lancement, du comité d’organisation de la conférence nationale sur l’évaluation des élèves ».

Sur un de ses blogs, l’historien de l’éducation Claude Lelièvre estime que Michel Lussault « semble posséder les attributs permettant de légitimer effectivement sa nomination » et « de bien augurer de son avenir ».

Le CSP, créé par la loi sur l’école de l’ex-ministre Vincent Peillon, avait été installé en octobre 2013, avec pour mission notamment la rénovation des programmes et du socle commun de connaissances, de compétences et de culture qui doit définir « la culture commune que chaque élève doit acquérir au cours de la scolarité obligatoire », jusqu’à 16 ans.

Soulignant un « besoin de transparence dans le processus d’élaboration des programmes », Najat Vallaud-Belkacem a demandé « une cohérence parfaite » entre les programmes et le nouveau socle, faute de quoi ce dernier resterait lettre morte.

La démission du premier président du CSP était d’autant plus gênante que l’élaboration des programmes avait déjà pris un an de retard. La nomination de son successeur avait été retardée par le changement de ministre juste avant la rentrée scolaire.

Les programmes de maternelle doivent entrer en vigueur à la rentrée 2015 et ceux de l’école et du collège à la rentrée 2016. Les programmes actuels, qui datent de 2008, sont très critiqués. Leurs détracteurs les jugent encyclopédiques, infaisables dans leur intégralité et conçus indépendamment les uns des autres dans les différentes matières. L’actuel socle commun, créé en 2005, est jugé illisible par les enseignants et les parents et déconnecté des programmes.

« Du respect du calendrier dépend tout l’agenda de la refondation pédagogique », a dit la ministre au CSP, même si la charge de travail est « lourde ». « C’est une nouvelle conception des programmes qu’il vous appartient de porter. »

La démission de M. Boissinot avait été « incomprise » par les membres du CSP « dans leur grande majorité » et vue comme « un risque qu’il aurait mieux valu éviter », explique Roger-François Gauthier, spécialiste des programmes qui fait lui-même partie de l’instance, dans son livre récemment paru « Ce que l’école devrait enseigner ».

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