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Apprendre à lire, écrire, compter : selon un sondage Ifop pour SOS Education, 51 % des enseignants exerçant dans le second degré et dans le supérieur estiment que l’école primaire ne remplit plus ces missions. Pourtant, 89 % d’entre eux pensent qu’il s’agit des savoirs fondamentaux qui doivent être transmis en priorité dans le premier degré.

D’ailleurs, lorsqu’on les interroge sur le niveau de maîtrise de la langue écrite chez leurs élèves depuis le début de leur carrière, 85 % jugent qu’il s’est dégradé.

Refonte des programmes scolaires

Pour Jean-Paul Mongin, Délégué général de SOS Éducation, la cause pourrait être à chercher du côté des programmes scolaires. « Il faut avoir à l’esprit que le volume horaire consacré à l’enseignement du français en primaire a été amputé de moitié en quarante ans », souligne-t-il. « De plus, les méthodes de lecture idéo-visuelles ou semi-globales restent employées dans 95% des établissements, malgré leur inefficience démontrée. On a là deux leviers d’action incontestables si l’on veut se donner les moyens de réduire l’illettrisme« , préconise-t-il.

Une refonte des programmes scolaires a été lancée par le ministère de l’Education nationale, à laquelle il veut associer les enseignants. Un cycle de consultation nationale a d’ailleurs été lancé, avec comme première étape le contenu du socle com­mun de connais­sances, de com­pé­tences et de culture et des programmes de maternelle. Les enseignants pourront, jusqu’au 18 octobre, donner leur avis sur les premiers projets présentés par le Conseil supérieur des programmes.

Des conditions d’enseignement qui se détériorent

Mais le sondage révèle également que certains enseignants ressentent aussi une dégradation des conditions d’enseignement. Ainsi, 57 % jugent que la qualité de l’enseignement s’est « plutôt détériorée » dans les écoles. 69 % pensent en outre que la sécurité dans les établissements s’est dégradée, et 83 % estiment que le respect et la tolérance à l’égard des autres a baissé.

L’enquête a été menée par l’Ifop pour SOS Education, sur un échantillon de 601 personnes, représentatif des enseignants exerçant dans l’enseignement secondaire et supérieur, du 10 au 17 septembre 2014.