Doutes sur le respect au 1er janvier des mesures contre la pollution à l’école

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Le gouvernement « visiblement recule » sur la surveillance de la qualité de l’air dans les crèches et écoles, pourtant obligatoire au 1er janvier, n’apportant « ni information, ni incitation réelle à sa réalisation », a dénoncé mercredi la présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, Andrée Buchmann.

« Cette règlementation est intéressante (…) mais ni l’Education nationale, ni les collectivités territoriales n’ont été informées, ni saisies de la chose », a-t-elle assuré lors d’une conférence de presse à Paris.

« Il y a visiblement un recul de la part des autorités depuis le décret de 2011 », a ajouté la présidente de l’OQAI. « Il n’y a eu ni information, ni incitation réelle à la réalisation », a-t-elle affirmé, soulignant que la mise en place de telles mesures coûte de 2 à 3.000 euros pour une petite agglomération.

Pour Andrée Buchmann, également élue d’Europe Ecologie-Les Verts en Alsace, « il faut qu’on ait une position officielle de la ministre » de l’Ecologie, Ségolène Royal. « Où en sommes nous? », a-t-elle demandé.

Le gouvernement de François Fillon avait instauré, dans un décret paru en 2011, la surveillance obligatoire de la qualité de l’air intérieur dans certains lieux clos ouverts au public.

Première étape du plan: au 1er janvier 2015, cette surveillance doit s’appliquer aux quelque 9.000 crèches et 17.000 écoles recevant des enfants de moins de 6 ans.

Doivent suivre au 1er janvier 2018 les écoles élémentaires, au 1er janvier 2020 les centres de loisir et les collèges et lycées et enfin, au 1er janvier 2023, les autres établissements (piscines, hôpitaux …).

Trois polluants doivent être mesurés: le formaldéhyde (émis par certains matériaux de construction, colles… et irritant pour les voies respiratoires), le benzène (cancérigène et issu notamment de la combustion) et le dioxyde de carbone (sans effet sur la santé, mais représentatif du niveau de confinement des locaux).

De l’avis de la présidente de l’Association Bâtiment Santé Plus, le docteur Suzanne Deoux, « pour 2015, on peut oublier ». « C’est sûr que l’échéance est abandonnée », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse consacrée aux mesures pour préserver la qualité de l’air intérieur.

Elle a néanmoins concédé que le texte « n’a pas été très bien conçu », rappelant que le décret avait obtenu le « deuxième prix des normes absurdes » dans le rapport de la « Mission de lutte contre l’inflation normative » d’Alain Lambert et Jean-Claude Boulard remis en mars 2013.

Le texte prévoit notamment de vérifier la présence de fenêtres, si elles s’ouvrent facilement et d’examiner les bouches d’aération, une évaluation qui doit être réalisée par des organismes certifiés. « Ca a fait un tollé », a souligné le docteur Deoux.

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