Bulletin scolaire

Bulletin scolaire © Delphimages - Fotolia

Face aux difficultés d’un grand nombre d’élèves lors de leur rentrée en 6ème, ce petit établissement du Gers a décidé de mener une réflexion collective et d’instaurer un nouveau système d’évaluation qui remplacerait les notes  . « L’administration, la direction et les équipes pédagogiques se sont concertées pour la mise en place d’un nouveau dispositif en réponse aux lacunes et au manque de motivation des élèves », explique Catherine Lasserre, principale du collège depuis cette rentrée. Les traditionnelles notes ont donc laissé place à un système de points, rouges ou verts. Créée en 2010, cette innovation pédagogique baptisée « Envie d’apprendre » n’a d’abord concerné que les classes de 6ème pour s’étendre progressivement à l’ensemble du collège en 2013. Seule exception, ces points de couleurs sont transformés en notes pour les élèves de 3ème qui doivent obligatoirement avoir une moyenne générale lors de l’examen du brevet des collèges.

Fini la peur du zéro pointé

« Nous nous sommes rendu compte que le couperet de la note était démotivant pour l’élève », poursuit Catherine Lasserre. Facteur de stress, la note entraîne souvent des tensions entre les enfants et les parents. « Désormais, il n’y a plus de pression de la part des parents, qui ont rapidement constaté les avantages de la fin des notes ». Les élèves sont aussi moins angoissés à l’idée d’être évalués lors d’un devoir sur table. Et les parents sont renseignés quotidiennement sur la progression de leurs enfants. « Nous souhaitons redonner du sens à la notion de travail. Les élèves ne sont plus focalisés sur leurs notes. » Lors des conseils de classe, la directive reste la même, donner aux élèves une meilleure image d’eux-mêmes. Plus de classement et plus de compétition, l’attention est portée exclusivement sur la progression et l’autonomie de chaque élève.

Une double évaluation

Les corrections au stylo rouge dans la marge ont disparu, les élèves sont évalués sur leurs compétences et sont plus autonomes face à leur travail. Selon la principale, le dispositif a permis de modifier les pratiques pédagogiques « mais aussi de voir apparaitre une nouvelle relation entre les élèves et les professeurs. Les compétences des enfants sont mises en avant et ils se sentent plus en confiance à l’intérieur d’une salle de classe ». A la fin du contrôle, l’élève s’attribue de deux points rouges à deux points verts, selon la difficulté de l’exercice et son ressenti. Cette auto-évaluation vient compléter l’appréciation du professeur. Si des lacunes persistent, l’élève peut travailler sur ses points faibles et se faire réévaluer quand il le souhaite. « Le professeur n’est pas là pour pénaliser l’élève mais pour lui expliquer ses difficultés. Cette méthode permet aussi de voir si l’enfant a plutôt tendance à sous-estimer ou à surestimer son travail. »

L’expérimentation semble fonctionner et réussir aux élèves du collège Gabriel Seailles. Depuis sa mise en place, de nombreux changements ont été constatés en termes de réussite et d’orientation. « Nous assistons à une baisse des redoublements et du taux de réorientation après la classe de 4ème. La création de cet établissement sans notes a amélioré le taux de passage en 2nde et de réussite au brevet », se félicite Catherine Lasserre. Cette initiative éducative, soutenue par l’inspection académique du Gers, devrait se poursuivre dans d’autres établissements français.

Maelenn Le Gorrec