Hypokhâgne, khâgne : savoir « se lever à 4h pour terminer un devoir »

Deux étudiantes, l’une en hypôkhagne et l’autre en khâgne, racontent leurs premiers jours de rentrée en classe préparatoire littéraire.

Prépa littéraire

Prépa littéraire

Après le stress du baccalauréat vient celui du début des études supérieures. Parmi ceux qui souhaitent passer les concours d’entrée aux écoles normales supérieures (ENS), instituts d’études politiques (IEP) ou encore écoles supérieures de commerce (ESC), beaucoup se dirigent vers les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) littéraires. Ces « prépas » littéraires, dont la formation dure deux ans, ont la réputation d’imposer une pression quotidienne à leurs élèves. Mythe ou réalité ?

Les débuts en classe prépa sont mouvementés, avant même le jour de la rentrée. « Comme tout le monde, j’étais terriblement angoissée. Avec tout ce qu’on entend sur les prépas, est-ce possible autrement ? J’ai notamment eu peur des autres, parce qu’on m’avait dit que tous étaient compétitifs et n’hésiteraient pas à écraser ceux qui pourraient les gêner », se souvient Anouk, élève en khâgne A/L-LSH (Lettres et sciences humaines) spécialité anglais. Solène, en hypokhâgne à Douai, partage le même sentiment : « Le premier jour a été particulièrement difficile puisque je suis arrivée dans un lycée et dans une ville où je ne connaissais personne, j’avais donc beaucoup d’appréhension. J’étais entourée d’élèves plus intelligents les uns que les autres, très cultivés et très doués dans le domaine littéraire. » Toutefois, les deux étudiantes sont unanimes pour dire que l’adaptation est facilitée par un environnement proche de celui du lycée.

« L’impression de régresser »

La réussite d’une prépa dépend principalement de la motivation mais aussi de l’organisation qu’il faut réussir à mettre en place dès les premiers jours. « Je saisis tous mes cours sur mon ordinateur, le débit verbal des profs est trop rapide pour tout écrire à la main. Je travaille souvent le soir, parfois la nuit, les journées sont trop courtes pour tout faire. Je procède matière par matière, l’essentiel étant de prendre de l’avance. Sinon, on croule sous le boulot et on s’effondre », affirme Anouk.

Habitués aux bonnes notes au lycée, c’est bien souvent la désillusion lorsque les premiers résultats tombent. Face à des notes divisées par deux ou même par trois, il faut savoir relativiser et ne pas baisser les bras au premier échec : « C’est difficile, on a l’impression de régresser. Mais nous sommes prévenus dès la rentrée : nous devons atteindre le niveau prépa, qui est très dur et exigeant. Les professeurs ne nous donnent pas de mauvaises notes pour le plaisir, mais pour nous aider à progresser et à nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes », constate Solène. Anouk a appris à prendre du recul : « Au début, j’avais 6, ma voisine 3, mon voisin 4… On finit par apprendre à en rire. Même si au début, c’est difficile, et que j’avoue avoir pleuré. »

Trouver du temps pour soi

La fin des loisirs ? Pas forcément : « En classe préparatoire, il faut entièrement se consacrer au travail qui nous est donné. Cependant, il est impératif de se réserver une journée ou une après-midi par semaine pour se détendre. C’est la clé pour tenir le rythme et être efficace tout au long de l’année », estime Solène. Pour ceux qui comme Anouk ont déjà une année d’expérience en prépa, le travail et la détente sont compatibles : « Il y a des jours où les profs nous laissent souffler. On se dégage du temps entre deux heures, pour s’aérer la tête. C’est vital et c’est ce qui nous permet de tenir. Il faut juste savoir s’organiser, et ne pas avoir peur de sacrifier quelques heures de sommeil, quitte à se lever à 4h pour terminer un devoir. »

Malgré ce rythme éreintant, les deux étudiantes restent motivées par les opportunités qui les attendent à la sortie des grandes écoles.

Maelenn Le Gorrec

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