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Les élèves ont parfois tendance à l’oublier : leurs profs aussi sont susceptibles de consulter leur profil Facebook et avoir accès à des informations privées ou compromettantes. Et, selon les témoignages publiés aujourd’hui dans Le Monde, certains enseignants ne s’en privent pas.

Se renseigner sur les élèves

Pour quelques-uns, il s’agit d’un moyen de se renseigner sur la vie de l’élève en dehors de l’école, regarder « si ce sont des ados heureux, quel style de posts ils font : romantiques, rebelles, inquiétants , sataniques », explique ainsi une enseignante. Se disant « inquiète d’avoir des adolescents très mal dans leur peau », elle souligne l’aspect « souvent révélateur » des profils Facebook.

Pour une autre professeure avouant suivre les comptes Facebook et Twitter de ses élèves, cette surveillance part d’une bonne intention : « l’accès au premier compte Twitter était dû à des menaces contre un élève », indique-t-elle, expliquant par la suite avoir continué à consulter des profils « occasionnellement ». « On veut savoir qui a pensé quoi du dernier devoir, si l’élève absent a séché, quelle image ont-ils de nous, quelles sont leurs impressions de rentrée »…

Sensibiliser les élèves à la protection de la vie privée

Pour d’autres enseignants, les réseaux sociaux sont l’occasion de faire de la pédagogie sur les dangers d’Internet auprès de leurs élèves.

« J’ai raconté à une classe ce qu’ils avaient fait pendant le week-end, d’après ce que j’ai pu glaner sur leurs profil. Très efficace, ils ont tout barricadé ensuite ! » explique ainsi au Monde un professeur d’anglais.

A l’image de Roger Trémoureux, cet enseignant d’économie qui avait piégé ses élèves en se faisant passer pour l’un d’entre eux sur Facebook. En quelques clics, l’enseignant avait pu accéder aux profils et informations privées de la plupart des élèves de son lycée. Cette expérience, qu’il raconte dans l’ouvrage Facebook, un bac à sable pour ados, lui a ensuite servi de base pour monter un cours sur la protection de la vie privée en ligne.

Une prévention d’autant plus nécessaire que les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés par les recruteurs pour se renseigner sur le profil des candidats. L’année dernière, un enseignant de la prestigieuse université Paris-Dauphine avait demandé aux étudiants candidatant pour son master de se présenter à l’entretien avec une copie de leur profil Facebook. Une initiative qui n’avait d’ailleurs pas été du goût de tous les candidats.