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L’édition 2014 du rapport annuel de l’OCDE « Regards sur l’Education » met en lumière des inégalités concernant le salaire des professeurs des écoles français : l’organisation observe un écart de 19 % en moyenne avec celui des enseignants de collège, de 30 % avec celui des enseignants de lycée, et de 17 % en moyenne avec celui de leurs voisins des pays de l’OCDE.

Des chiffres basés sur le salaire « réel » des enseignants

L’écart de salaire important entre enseignants du primaire et enseignants du secondaire avait déjà été dénoncé par l’OCDE dans l’édition 2013 de « Regards sur l’Education », mais à l’époque, seule une différence de 9 % entre les salaires des profs de primaire et de collège (après 15 ans d’exercice) avait été évoquée. Cela s’explique par le fait que le rapport de 2013 ne prenait en compte que les salaires statutaires théoriques, hors primes et heures supplémentaires. Grande nouveauté cette année, l’OCDE a intégré dans ses calculs les montants réels inscrits sur les fiches de paye des enseignants, produisant donc des statistiques reflétant davantage la réalité des salaires des profs.

« Depuis des années, nous sommes conscients que les salaires ‘statutaires’ théoriques que nous utilisions précédemment dans nos statistiques masquaient un écart conséquent entre le revenu réel du professeur des écoles et celui du professeur de lycée. Seule la prise en compte des heures supplémentaires et des primes permet une comparaison plus fine », explique ainsi Eric Charbonnier, expert à l’OCDE, dans Le Monde.

35 432 $ annuels

Selon l’organisation, un enseignant du primaire français gagne en moyenne 35 432 $ annuels, tandis qu’un enseignant du secondaire touche en moyenne 42 217 $ pour le premier cycle et 46 247 $ pour le deuxième cycle. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, un professeur du primaire perçoit 41 300 $, un enseignant du premier cycle du secondaire 43 374 $ et un enseignant du deuxième cycle du secondaire 47 165 $.

Pour obtenir ces chiffres, l’organisation s’est basée sur des données datant de 2012, tenant compte du salaire réel des enseignants soit « le salaire annuel moyen, avant impôts, que perçoivent les enseignants âgés de 25 à 64 ans, qui travaillent à temps plein », incluant « les avantages financiers tels que les primes annuelles, les primes au titre des résultats, ainsi que les montants versés pendant les vacances et les congés de maladie« .

Un écart d’autant plus contestable que, comme le souligne la note de l’OCDE consacrée à notre pays, « en France, les enseignants en poste dans les écoles maternelles sont quasiment les seuls de tous les pays de l’OCDE à avoir obtenu un master durant leurs études ».