Salaires enseignants : 30 % d’écart entre un prof des écoles et un prof de lycée (OCDE)

Selon le rapport "Regards sur l'Education", publié ce 9 septembre, les enseignants du primaire français sont sous-payés par rapport à ceux du secondaire et à leurs collègues des pays de l'OCDE.

© Frédéric Massard – Fotolia.com

L’édition 2014 du rapport annuel de l’OCDE « Regards sur l’Education » met en lumière des inégalités concernant le salaire des professeurs des écoles français : l’organisation observe un écart de 19 % en moyenne avec celui des enseignants de collège, de 30 % avec celui des enseignants de lycée, et de 17 % en moyenne avec celui de leurs voisins des pays de l’OCDE.

Des chiffres basés sur le salaire « réel » des enseignants

L’écart de salaire important entre enseignants du primaire et enseignants du secondaire avait déjà été dénoncé par l’OCDE dans l’édition 2013 de « Regards sur l’Education », mais à l’époque, seule une différence de 9 % entre les salaires des profs de primaire et de collège (après 15 ans d’exercice) avait été évoquée. Cela s’explique par le fait que le rapport de 2013 ne prenait en compte que les salaires statutaires théoriques, hors primes et heures supplémentaires. Grande nouveauté cette année, l’OCDE a intégré dans ses calculs les montants réels inscrits sur les fiches de paye des enseignants, produisant donc des statistiques reflétant davantage la réalité des salaires des profs.

« Depuis des années, nous sommes conscients que les salaires ‘statutaires’ théoriques que nous utilisions précédemment dans nos statistiques masquaient un écart conséquent entre le revenu réel du professeur des écoles et celui du professeur de lycée. Seule la prise en compte des heures supplémentaires et des primes permet une comparaison plus fine », explique ainsi Eric Charbonnier, expert à l’OCDE, dans Le Monde.

35 432 $ annuels

Selon l’organisation, un enseignant du primaire français gagne en moyenne 35 432 $ annuels, tandis qu’un enseignant du secondaire touche en moyenne 42 217 $ pour le premier cycle et 46 247 $ pour le deuxième cycle. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, un professeur du primaire perçoit 41 300 $, un enseignant du premier cycle du secondaire 43 374 $ et un enseignant du deuxième cycle du secondaire 47 165 $.

Pour obtenir ces chiffres, l’organisation s’est basée sur des données datant de 2012, tenant compte du salaire réel des enseignants soit « le salaire annuel moyen, avant impôts, que perçoivent les enseignants âgés de 25 à 64 ans, qui travaillent à temps plein », incluant « les avantages financiers tels que les primes annuelles, les primes au titre des résultats, ainsi que les montants versés pendant les vacances et les congés de maladie« .

Un écart d’autant plus contestable que, comme le souligne la note de l’OCDE consacrée à notre pays, « en France, les enseignants en poste dans les écoles maternelles sont quasiment les seuls de tous les pays de l’OCDE à avoir obtenu un master durant leurs études ».

13 commentaires sur "Salaires enseignants : 30 % d’écart entre un prof des écoles et un prof de lycée (OCDE)"

  1. plop  9 septembre 2014 à 16 h 43 min

    Sans compter certains remplaçants sous contrat qui sont payés le smic…Signaler un abus

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  2. underwood57  9 septembre 2014 à 17 h 27 min

    Il faudrait également prendre en compte le nombre d’heures travaillées et le nombre de jours de congé par an… une remuneration horaire aurait été plus representative. Il faut aussi prendre en consideration que dans certains pays les profs ne sont pas fonctionnaires et ils n’ont pas la sécurité de l’emploi.Signaler un abus

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  3. Question  9 septembre 2014 à 18 h 28 min

    Comment peut-on arriver à de tels écarts entre enseignants du primaire et du secondaire, alors qu’ils ont les mêmes grilles de salaire ? Avant le salaire de base des instituteurs était plus faible. Si des salariés travaillent plus en faisant des heures supplémentaires, est-ce anormal qu’ils soient plus payés ? Il n’y a pas de prime, mais des indemnités pour certaines taches supplémentaires. Mais c’est sur que les professeurs des écoles envient les maigres avantages des professeurs du secondaires. Ont-ils choisi le bon concours ? Je ne crois pas. S’ils étaient professeurs de collège, ils envieraient les professeurs de lycée. S’ils étaient professeurs de lycées, ils envieraient les enseignants du supérieur… Quand on est frustré, l’herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin.Signaler un abus

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    • RENAULT  3 juillet 2015 à 2 h 00 min

      Je suis prof agrégé de maths, très ancien et très diplômé, j’ai enseigné de la sixième jusqu’à bac+4, je pars à la retraite dans une semaine. Je vois bien que beaucoup tombent dans la facilité sans connaître les réalités, ni les enjeux.
      1) Il n’y a JAMAIS de primes gratuites pour un enseignant de collège, de lycée ou de prépa.
      Il y a seulement des travaux supplémentaires mal rémunérés. Les heures sups sont supplémentaires comme leur nom l’indiquent, et accepter une seule heure sup vous colle généralement une classe en plus, donc un stress non négligeable en sus.
      Ces deux dernières années de ma carrière, j’ai, pour la première fois, enfin pu éviter toute HS, et j’ai très nettement senti l’allègement de mon travail. Pour parler crument, les HS en STMG ou en seconde, il faut les ch..r, et ça peut être très très dur !
      2) Je suis obligé de le dire assez brutalement, mais, objectivement, mes connaissances et ma culture générale sont très supérieures à celles de collègues moins diplômés. Je contribue nettement plus à préparer mes élèves au supérieur que d’autres collègues aux connaissances plus limitées car très dépendantes des manuels et de leurs nombreux errements. Je n’ai donc pas à rougir de mon concours de recrutement, très exigeant dans les années de 70 à 85 ; je considère que mes futurs étudiants ont bénéficié à plein de mes acquis scientifiques et culturels, et pour guère plus cher ; je suis même moins cher qu’un « cadre A » de l’Intendance, de Bercy, de la Gendarmerie ou du ministère de l’Intérieur, et je n’ai jamais compté mes heures à la maison.
      Par exemple, entre 1990 et 2010, un étudiant faible, ayant décroché sa licence de maths en 4 ou 5 ans, arrivait à réussir le concours d’instit haut la main dans ma région, mais avait beaucoup plus de mal à réussir le CAPES de maths. L’agreg de maths, no hope, il ne pouvait pas même comprendre les sujets… Ce que je dis est basé sur de nombreux exemples d’anciens élèves.
      3) Le niveau licence ou master pour le CRPE est une fiction, le niveau bac avec une bonne formation pro suffit. Je connais une dame qui a pu passer le concours sans le bac grâce à ses 3 enfants, mais avec un bon coaching, hé hé. Cette fiction perdure à cause du pourcentage écrasant d’étudiants de facs improbables qui se présentent au CRPE, et se font jeter à cause de leur manque de rigueur, de leur orthographe approximative et leur colossales lacunes scientifiques. Le vrai niveau du CRPE, c’est celui du défunt bac D, à condition d’avoir un niveau convenable en français.
      4) Le travail en lycée est écrasant, la plupart de mes week-ends ont été vérolés par d’énormes paquets de copies, de plus en plus mal rédigées. Les collègues du primaire n’imaginent même pas ce que c’est qu’avoir 35 élèves à faire bosser, en 2015 ! Je sais de quoi je parle, j’ai enseigné en collège. Comparer une classe de 18 élèves mignonnets de CE1 dans une petite école de campagne avec une classe de 35 bien voyoutés dans un lycée, c’est « portnawak ». Je vous garantis qu’il faut garder une cervelle solide pour tenir, et j’ai une cervelle solide, je ne m’absente JAMAIS, je bosse beaucoup et j’ai même appris des tas de trucs en algorithmique récemment. Je me suis fait plaisir, mais tudieu, quel manque de sommeil ! D’ici une semaine, mes premiers jours de retraite vont être consacrés à de colossaux roupillons.
      5) On oublie complaisamment de rappeler que Sarkozy à libéré les instits de 20% de leur horaire « devant élèves », sans que les profs de lycée ne bénéficient du moindre allègement, alors que leurs classes deviennent terriblement chargées et que les élèves deviennent de plus en plus pénibles.
      6) Les profs de lycée sont soumis à de très pénibles mutations dans leur carrières. Moi, bien qu’agrégé et surdiplômé, on a tenté de m’envoyer dans les Ardennes, puis en Moselle en début de carrière, j’ai pu l’éviter in extremis grâce à la Coopération en fac à l’étranger (3 pays différents !!), mais j’ai risqué ma peau dans plusieurs zones de conflit et j’ai entendu les balles siffler. Ce n’est plus aussi facile pour les jeunes d’aujourd’hui. Alors qu’un instit qui réussit le CRPE dans l’Ain reste toute sa vie dans l’Ain, point à la ligne, il ne risque pas d’attraper le palu sous les tropiques, ni une balle de « Douchka » près des Grands Lacs !

      Ma conclusion : vouloir payer les profs de lycée comme les profs du primaire est absurde, ni le niveau nécessaire ni la quantité réelle de travail ne sont comparables, et l’on a déjà beaucoup, beaucoup de mal à recruter nationalement en sciences, lettres et anglais. Les difficultés de recrutement des instits sont, en gros, limitées à 2 ou 3 départements déshérités, dont le 93. Il n’y a AUCUNE difficulté de recrutement d’instits en Bretagne ou dans le sud. Mes anciennes élèves « qui savaient ce qu’elles voulaient » passaient le bac D ou S, faisaient une licence de SVT et obtenaient le concours d’instit « à l’aise » à bac+4. Par contre, les anciennes de L ou STG avaient beaucoup plus de mal, à cause de leurs lacunes en sciences et en orthographe.Signaler un abus

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      • anto  31 juillet 2015 à 10 h 50 min

        Mon cher Renault,

        Je ne nie pas que le CAPES de maths puisse être compliqué, j’abonde même dans votre sens pour dire que le niveau des professeurs des écoles a baissé. Pour autant tous ne sont pas ignares, loin de là. L’immense majorité maîtrise parfaitement l’orthographe et les notions fondamentales, sait faire du lien entre les matières et peut s’appuyer sur une culture générale que certains professeur du secondaire n’ont pas forcément. Enfin, le corps enseignant du 1er degré est empli d’hommes (de – en – malheureusement) et de femmes dévoués, consciencieux et très au fait des pédagogies de l’enseignement.
        Alors pourquoi le niveau a-t-il baissé ?
        Justement il s’agit de salaire. Commencer à 1300euros net est inacceptable, voir son salaire s’élever à 1780 euros au bout de 10 ans l’est tout autant surtout quand les collègues du secondaire touchent plus de 30% de plus. Alors comment motiver et attirer les élites ? En augmentant les salaires et/ou en donnant des primes
        -de professeur principal comme dans le secondaire.
        -d’heures supplémentaires s’il y en a.
        -ISO pour les innombrables réunions.
        -d’avoir la possibilité de passer l’équivalent de l’AGREG primaire
        Par ailleurs, vous aimez affirmer, or je pensais humblement qu’un scientifique se devait de vérifier avant d’affirmer. Telle est me semble-t-il la base même de la démarche dont vous semblez être un grand et illustre garant.
        Voici donc la liste de toutes vos imprécisions ou idées fausses
        -une classe de primaire n’est pas surchargée = faux-voire grotesque- (au-delà de 30 fréquemment)
        -nous n’avons que de gentils CE1 ruraux = (sans commentaire, venez dans une ZUP du 9-3 ou de toute autre banlieu française)
        -nous avons 20% de moins de présence = Ah bon? Peut-être parlez-vous des 2 heures hebdomadaires consacrés aux élèves en difficulté ? Nous restons à 26 heures de présence. Aucun changement
        -vous êtes écrasés de travail à la maison = nous, non en revanche c’est bien connu, pas de préparation, pas de copie, pas de rencontre avec les parents ou les psy, orthophonistes, orthoptistes, MDPH…
        -Un instit qui réussit le CRPE dans le 9-3 reste dans le 9-3. C’est vrai en revanche. Et il y reste longtemps. En terme de pourcentage, le 9-3 est bien plus facile à avoir que le sud ou la Corse. (d’où le niveau moindre des lauréats, je vous rejoins.)

        Alors Renault, essayez d’avoir un oeil plus positif sur nous, sans tomber dans des préjugés méprisants. Veuillez abandonner cette posture supérieure seule détentrice d’un savoir disciplinaire et montrez-vous curieux de notre démarche pédagogique souvent innovante et admiratif du regard que nous posons sur nos élèves. S’il vous plaît. Quant aux salaires, indignez-vous de celui des grands patrons plutôt que de nos légitimes aspirations.
        Cordialement.

        PS Relisez-vous, vous avez fait une erreur d’orthographe…Signaler un abus

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        • RENAULT  3 août 2015 à 3 h 01 min

          1) « PS Relisez-vous, vous avez fait une erreur d’orthographe »
          Pfuitt, quel niveau la remarque ! On en reparlera quand vous aurez eu 20 ans de verres progressifs sur les mirettes…
          2) En général, on pense à augmenter le salaire des fonctionnaires difficiles à recruter. Je me permets de vous rappeler qu’un scientifique de 22-23 ans qui entre dans l’enseignement secondaire ou même supérieur passe actuellement pour un sot, pire, pour un masochiste, vu le niveau ridicule des salaires et la dureté du métier. Par contre, globalement sur toute la France, il n’y a pas de problème de recrutement d’instits.
          3) Je rappelle qu’il n’y a, en fait, aucune difficulté à recruter dans le primaire. Il y a simplement cet absurde recrutement départemental qui empêche de combler les déficits dans certains départements. Ce blocage de la carrière sur un seul département est, d’ailleurs, un privilège inouï par rapport au secondaire ; et un privilège, ça se paye !! Je croyais au passage que les départements étaient voués à disparaître ; c’est quoi ce recrutement départemental ? Une pagnolade…
          4) Agreg du primaire !! Ah-ah-ah, et puis quoi, encore ? Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, un doctorat pour les infirmiers et un ingéniorat pour les électriciens en collège ?
          Quoique, avec l’incroyable gestion du gouvernement Valls-Taubira actuel, totalement en perdition sur le chômage, vous avez peut-être une chance d’obtenir… n’importe quoi. En général, le primaire bénéficie facilement de la démagogie, alors que les enseignants du supérieur et du secondaire servent de têtes de turc depuis 1981.Signaler un abus

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          • bea  11 septembre 2015 à 18 h 34 min

            Il est effectivement grand temps que vous partiez en retraite….Signaler un abus

          • Renault  21 septembre 2015 à 11 h 07 min

            J’aimerais savoir pourquoi l’on ne peut répondre à cette « Béa » (Béa la béate ?) qui, incapable de rédiger la moindre argumentation, s’en prend béatement à mon âge … En tout cas elle a mis en évidence le vide béant (hé hé) de son encéphale. L’argument « vous yen a être trop vieux, ou trop jeune » (ou trop hétéro, ou trop femme, ou trop agrégé, ou trop juif, ou pas assez hétéro) est totalement indigent. On appelle cela un « argument ad personam », réservé aux neu-neuhs à 2 neurones qui, faute de pensée organisée, attaquent la personne de l’interlocuteur sur un « détail » secondaire dont les gens intelligents n’ont pas un liard à sacrifier.Signaler un abus

  4. wpjo  9 septembre 2014 à 19 h 09 min

    D’après l’édition 2014 du rap­port annuel de l’OCDE « Regards sur l’Education », les pro­fes­seurs des écoles fran­çais gagnent …17 % de moins en moyenne que leurs voi­sins des pays de l’OCDE.

    Les travailleurs dans le privé gagnent bien beaucoup plus que 17% en moins que leurs voi­sins des pays de l’OCDE.Signaler un abus

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  5. santillanna  9 septembre 2014 à 19 h 21 min

    et les nombreux professeurs de CFA de FRANCE, combien sont-ils payés ??? souvent une misère !! et pourtant ils font le travail avec intérêt et sérieux exactement comme l’ensemble des profs De FRANCE !!!Signaler un abus

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