Académie de Créteil : « 10 000 élèves supplémentaires à la rentrée »

Béatrice Gille, énarque, agrégée de lettres classiques, est, après Nancy, à la tête de l’académie de Créteil depuis le 7 mai. Elle fait le point sur ses priorités de rentrée.

Béatrice Gille

Béatrice Gille

Comment se sont déroulés vos premiers pas à Créteil ? En quoi l’académie est-elle différente de celle de Nancy-Metz, dont vous avez été rectrice durant deux ans ?

La gestion de notre grand service public est globalement la même d’une académie à l’autre. Mais il existe néanmoins quelques différences. Ce qui distingue ces deux académies, c’est avant tout leur taille : celle de Créteil est la 2e plus importante de France. Elle compte plus du double de personnels et d’établissements par rapport à celle de Nancy. Le contexte économique et social diffère également. Ce qui m’a peut-être le plus frappée à Créteil, c’est la forte progression démographique scolaire, liée à l’attractivité de la région. En Lorraine, l’académie était en perte démographique. Ceci étant, la perte démographique est plus éprouvante que la hausse pour un recteur. Car dans le premier cas, cela signifie des élèves en moins, et souvent la nécessité de réduire le service public. La hausse démographique demande aussi des ajustements mais c’est positif ! Cela signifie que les jeunes s’installent et scolarisent leurs enfants dans la région. Plus de 10 000 élèves supplémentaires sont attendus lors de cette rentrée scolaire, par rapport à septembre 2013.

Quels sont vos principaux défis ?

Je m’inscris dans la continuité de mon prédécesseur, Florence Robine. Les défis de l’académie de Créteil sont communs à ceux de toutes les académies : une évolution vers plus de performances éducatives et d’équité scolaire, le chantier de l’éducation prioritaire, l’évolution nécessaire des programmes, la nécessité d’augmenter le niveau de diplôme des élèves, la lutte contre le décrochage… D’autre part, il existe des objectifs spécifiquement cristoliens, comme la prise en compte de la démographie scolaire ; la préservation de notre caractère d’académie « école » puisque nous formerons 4000 enseignants stagiaires en 2014-2015 ; ou encore la prévention de l’illettrisme… L’important, dans une académie qui bouge comme la nôtre, c’est l’investissement et la créativité pédagogique des équipes.

Comment comptez-vous procéder pour rendre l’académie plus attractive et réduire le turn-over enseignant, notamment en Seine-Saint-Denis ?

Nous nous mettons au travail dès maintenant pour analyser les déterminants de cette prétendue absence d’attractivité. Des considérations de logement, de transport, de coût de la vie en Ile-de-France nous sont extérieures mais entrent aussi en ligne de compte. Et puis il y a sans doute une image, un rapport à l’éducation dans cette académie, qu’il faut travailler. Ce qui est paradoxal, c’est l’image partagée de l’académie, avec d’un côté un grand dynamisme pédagogique et d’un autre une image de difficultés scolaires.

Avez-vous les moyens de remédier au problème récurrent du manque d’enseignants, notamment de remplaçants  ?

Il y a une nette amélioration ! Des mesures ont été prises depuis un an. Nous avons obtenu des moyens supplémentaires qui nous ont permis de reconstituer des remplacements dans le premier degré. Et nous anticipons des recrutements. Florence Robine a mis en place des groupes de pilotage et d’impulsion qui sont des groupes pluri-catégoriels qui réfléchissent sur les grands sujets de l’académie. J’ai moi-même décidé de mettre en place dès cette rentrée un groupe de pilotage et d’impulsion spécifique sur les remplacements dans l’académie. L’objectif : analyser et proposer des pistes d’amélioration dans le 1er et le 2nd degrés.

Comment abordez-vous la rentrée ?

Dans le premier degré, nous sommes optimistes. En terme de rendement des concours et d’anticipation des emplois vacants, nous nous sommes mis au travail très tôt pour minimiser les soucis. Concernant la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, les neuf demi-journées sont mises en place partout. Cette matinée supplémentaire est cruciale pour les élèves les plus fragiles.

Quels sont vos projets pour l’enseignement supérieur et quel regard portez-vous sur la première année de fonctionnement de l’ESPE de Créteil ?

L’ESPE de Créteil s’est très bien engagée dans le renouveau de la formation des enseignants. Elle travaille bien et dans la sérénité. Je suis très optimiste sur son fonctionnement. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, nous poursuivons un chantier très important : celui d’orienter davantage de bacheliers technologiques vers les DUT et aussi plus de bacheliers professionnels vers les BTS.

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