1fauteparjour

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Comment est né le projet 1Faute/Jour ?

Pascal Hostachy : Ce projet découle du Projet Voltaire. Nous avions une page Facebook, et nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de proposer quelque chose sur twitter. Nous avons donc demandé à Bruno (Bruno Dewaele, agrégé de lettres modernes, champion du monde d’orthographe, superviseur du Projet Voltaire ndlr) s’il serait d’accord pour animer un jeu quotidien, simple, vivant sur twitter, à partir de l’actualité. Bruno a accepté et il propose depuis deux ans, chaque matin du lundi au vendredi à 9 heures, une phrase qu’il a construite à partir de l’actualité dans laquelle il met une faute d’orthographe. La solution est donnée chaque jour à 14h sur twitter.
Les premiers followers à la trouver et à donner la réponse juste durant une semaine gagnent une inscription gratuite pour passer la certification Voltaire. Il s’agit donc d’un concours hebdomadaire et en fin de semaine, nous établissons un palmarès des personnes qui sont en tête toute la semaine, c’est elles qui gagnent.

Erick Hostachy : J’ajoute qu’aujourd’hui nous sommes presque à 9000 abonnés, et nous avons entre 300, 400 joueurs quotidiens. Et nous avons publié notre premier livre !

Comment se déroule l’examen pour les gagnants du concours ?

PH : Les gagnants s’inscrivent sur le site du projet Voltaire et choisissent le centre et la date d’examen qui leur conviennent. L’examen en lui-même dure trois heures, il se compose d’une petite dictée et d’un grand QCM de 195 questions qui ont été établis par notre comité d’experts. Suite à cet examen, les candidats peuvent évaluer leur niveau avec un score qui va de 1 à 1000. Le candidat peut ensuite mettre en valeur son score sur son CV s’il est bon. Un niveau moyen est de 500 points, celui de 700 points est par exemple le niveau minimum requis pour un journaliste et de 900 points et plus le score de personnes travaillant dans les lettres.

Est-ce que vous avez des retours d’enseignants sur le Projet Voltaire et 1Faute/Jour ?

PH : Nous travaillons aujourd’hui avec plus de 700 établissements qui ont choisi d’installer notre logiciel d’entraînement en ligne à l’orthographe chez eux : établissements scolaires, universités telles que l’université Descartes, les universités de Lyon, de Lorraine, Lille, des IUT, des chambres de commerce, des CFA, des GRETA… Aujourd’hui 1 million 500 personnes sont inscrites sur le projet Voltaire. Pour ce qui est des collèges et des lycées, nous avons aussi une version collège du Projet Voltaire, sinon, c’est le Projet Voltaire version supérieur qui est utilisé dans les lycées public et privés et dans l’enseignement supérieur. Au niveau des ministères, l’an dernier nous étions dans le dispositif des chèques numériques (ce dispositif n’existe plus aujourd’hui), et cette année nous sommes répertoriés par la cellule nationale logiciels du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

EH : Pour ce qui est d’1Faute/Jour, nous avons des retours de certains de nos followers. Ils sont bien souvent enseignants, qui plus est, de français. Nous avons aussi de très bons retours de professeurs des écoles. A ce jour, une dizaine d’écoles primaires utilisent les phrases d’1 Faute/Jour pour travailler sur l’orthographe avec les enfants. Mais nous n’avons pas un programme spécifique pour l’école primaire -contrairement au collège- car il est trop tôt pour remédier aux problèmes d’orthographe alors qu’on est en train de la découvrir.

La langue française a son certificat pour ses natifs comme une langue étrangère. Que vous inspire cette situation ?

PH : C’est une aberration. Le Certificat Voltaire ne devrait pas exister. Mais la sonnette d’alarme a été tirée par les entreprises et les recruteurs. Et le fait qu’il existe est symptomatique d’un dysfonctionnement.