Sgen-CFDT : « Il faut redonner du sens au travail des enseignants »

Frédéric Sève, secrétaire général du syndicat Sgen-CFDT, espère que le nouveau gouvernement saura redonner une cohérence à sa politique éducative, afin de remotiver les enseignants.

Frédéric Sève secrétaire général Sgen-CFDT

Frédéric Sève, secrétaire général du syndicat Sgen-CFDT.

« Il ne faut pas rester au milieu du gué. » Pour Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, qui organisait sa conférence de rentrée ce mardi matin, il est temps d’aller au bout des réformes éducatives annoncées ces derniers mois, et de « redonner une cohérence à la politique d’ensemble ».

Quand on s’arrête à mi-chemin d’une réforme, ce sont les personnels qui en pâtissent le plus, estime le syndicaliste. « Il y a une détérioration des conditions de travail, mais aussi un impact en termes de sens : le sens de leur travail, de leurs missions » est diminué. C’est pourquoi il faut « réaffirmer les objectifs » du quinquennat, et notamment la « priorité à la jeunesse » mise en avant par François Hollande au début de son mandat présidentiel.

Augmentation de salaire et réduction des effectifs par classe

Le successeur de Benoît Hamon à la tête du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche aura de nombreux dossiers urgents à traiter. « L’illusion du mandat Hamon a été de croire qu’on pouvait mettre les dossiers éducatifs entre parenthèses, » juge Frédéric Sève. Il met toutefois au crédit de l’ex-ministre le maintien de la priorité budgétaire pour l’éducation.

Dans le premier degré, outre le sujet récurrent de la réforme des rythmes scolaires, l’autre « question majeure » est celle des conditions de travail des enseignants. « Avec l’augmentation de salaire, les effectifs de classe demandent l’action la plus urgente », selon les résultats d’une enquête menée par le syndicat sur les attente des professeurs des écoles. Mais il ne faut pas se limiter à une réflexion « comptable » en termes de classes ou de rémunération. « Il y a un malaise particulier chez les professeurs des écoles », affirme Frédéric Sève, auquel il convient d’apporter « plus d’une solution ».

Dans le second degré, la réforme du collège, ce « maillon faible » du système éducatif, est très attendue par les personnels. Annoncée l’an dernier, cette réforme semble s’être « un peu perdue », remarque le secrétaire général du Sgen, bien que Benoît Hamon ait dit qu’elle se trouvait toujours « dans les cartons ». Le syndicat attend aussi la publication du bilan promis des réformes du lycée.

Gouvernance des Comue : pas assez démocratique

Dans l’enseignement supérieur, la carrière des enseignants-chercheurs et la gouvernance des établissements sont les deux principaux sujets à traiter. Le Sgen mène actuellement une enquête sur la perception que les enseignants-chercheurs ont de leur carrière, pour préciser ses attentes. Quant à la gouvernance, le syndicat voir dans les « tensions autour de la création des Comue (…) le signe d’une gouvernance insuffisamment démocratique et participative », qui n’associe pas assez les personnels.

Frédéric Sève met également en avant un certain nombre de dossiers plus « transversaux », tels que l’évaluation des enseignants ou encore l’adaptation aux fins de carrière, prolongements nécessaires des chantiers ouverts en novembre 2013 sur l’évolution des métiers de l’enseignement.

Interrogé sur l’organisation de la rentrée, le syndicaliste a des craintes, mais ne se prononce pas : « je ne sais pas si la rentrée sera chaude, cela appartient aux personnels ».

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