Circulaire de rentrée : les syndicats enseignants sur leurs gardes

La circulaire de rentrée est parue le 22 mai dernier. Cette feuille de route annonce les priorités pour l'année scolaire à venir : mise en place des nouveaux rythmes, évolution des ESPE… Décryptage et réactions des principaux syndicats enseignants.

Dossier examiné à la loupe

Dossier examiné à la loupe © Modella – Fotolia.com

La circulaire de rentrée, adressée par Benoît Hamon, ex-ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à tous les personnels, fixe cette année trois priorités.

1. Accompagner les élèves dans la construction de leur parcours pour une meilleure insertion sociale et professionnelle

Alors que le nom du successeur de Benoît Hamon a été révélé ce mardi en fin de journée, l’ex-ministre a affirmé hier soir sur France 2 que son départ ne perturberait pas l’organisation de la rentrée, qui « ne se prépare pas une semaine avant ».

L’année 2014-2015 donnera, comme l’an dernier, la priorité au premier degré. La réforme des rythmes scolaires, centrée sur cinq matinées de classe, devrait être généralisée sur l’ensemble du territoire. Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat d’enseignants du primaire, exprime son inquiétude : « Les premières semaines de rentrée risquent d’être chaotiques. Les enseignants sont mis dans l’inconfort professionnel et les parents dans l’incertitude car ils ont eu un accès tardif aux informations sur les nouveaux rythmes scolaires, notamment sur les horaires. »

La création de nouveaux programmes d’enseignement, dont la publication est prévue en juin 2015, aura pour but de favoriser le cycle 3 (CM1-CM2-6e) en faisant collaborer le premier et le second degré. Les conseils école-collège proposeront des actions de coopération et des projets pédagogiques communs. Les pratiques d’évaluation doivent aussi évoluer, pour faire davantage progresser les élèves. Un projet que conteste François Portzer, président national du Snalc-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges) : « Ce n’est pas un service à rendre aux élèves de mettre fin aux notes car ils ont besoin de connaître leur niveau. Les enseignants prodiguent déjà des conseils et annotent les copies. Ce nouveau système donnera l’impression de mettre une bonne note à tout le monde. »

2. Combattre les inégalités tout au long de la scolarité et promouvoir une école à la fois exigeante et bienveillante

Il s’agit notamment de réduire les écarts de réussite entre les élèves par la refondation de l’éducation prioritaire. Cette réforme vise un meilleur accompagnement des élèves dans leur apprentissage, en constituant des équipes éducatives formées et soutenues. Pour y parvenir, elle développera l’accueil des élèves de moins de trois ans et le dispositif « plus de maîtres que de classes » dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP) et renforcés (REP+), des lieux privilégiés d’innovation pédagogique. Un projet soutenu par le SE-UNSA, même si Claire Krepper, secrétaire nationale, appelle à la vigilance : « Les projets devront rester cohérents pour fonctionner correctement. Nous attendons de voir comment le travail de mise en œuvre concrète sera géré dans le temps. »

Le renforcement des équipes qui participent à l’éducation prioritaire est au cœur de la démarche de refondation et c’est dans cette logique que Benoît Hamon confirme la création des 60 000 postes promis au sein de l’Education nationale d’ici 2017, dont 2400 auxiliaires de vie scolaire qui bénéficieront d’un CDI à la rentrée. « On ne peut qu’être d’accord avec ces principes généraux. Tous les syndicats souhaitent la réussite des élèves et une lutte constante face au décrochage scolaire », affirme François Portzer du Snalc.

3. Former, soutenir et accompagner les équipes pédagogiques et éducatives

Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) feront leur deuxième rentrée en septembre, marquant ainsi le retour d’une vraie formation initiale des enseignants. Malgré cela, les syndicats dressent un premier bilan assez mitigé, face aux inégalités qui subsistent entre les ESPE : « L’Education nationale doit imposer le contenu et le volume horaire dans chaque établissement. De plus, il faudrait faire appel à des formateurs experts pour encadrer les étudiants, des gens de terrain qui connaissent bien l’école primaire. La professionnalisation des formateurs laisse encore à désirer », constate Sébastien Sihr du SNUipp-FSU. Un bémol que le ministère souhaite corriger en mobilisant tous les acteurs de la communauté éducative et pédagogique, pour une meilleure réussite des ESPE.

Maelenn Le Gorrec

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