SNUipp-FSU : « La priorité au primaire a été vampirisée par la réforme des rythmes »

Le SNUipp, premier syndicat des enseignants du primaire, revendique pour l'année scolaire 2014-2015 un meilleur accompagnement des réformes éducatives sur le terrain, et des mesures de revalorisation pour les professeurs des écoles.

Sébastien SIHR secrétaire général SNUipp-FSU

Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat des enseignants du primaire SNUipp-FSU.

« Mal pensée, mal préparée, mal financée », la réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon n’a eu pour l’instant qu’un « impact négatif » sur les conditions de travail des enseignants du primaire, estime Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUippFSU.

Lors de sa conférence de rentrée organisée ce lundi, le principal syndicat du premier degré a souligné que la réforme des rythmes, généralisée à toutes les écoles de France à la rentrée 2014, « repose sur les capacités inégales des communes à mettre en place des activités périscolaires« . Ces activités d’intérêt variable se révèlent ainsi parfois gratuites et parfois payantes selon les communes… Tandis que les horaires d’enseignement, différents d’une école à l’autre, et parfois d’un jour à l’autre au sein d’une même école dans le cadre dérogatoire du décret Hamon, deviennent un « casse-tête pour la gestion des temps partiels et des remplacements ».

« Instrumentalisée » politiquement par certains élus, posant de « réelles difficultés » de mise en place dans certaines communes, la réforme a occupé le devant de la scène médiatique depuis des mois et « vampirisé » la priorité au primaire souhaitée par François Hollande, selon Sébastien Sihr. Elle a en outre alimenté la « crise de confiance » que connaissent les professeurs des écoles.

9 enseignants sur 10 insatisfaits par leur relation avec le ministère

En effet, selon un sondage(1) publié aujourd’hui par le SNUipp, plus de sept enseignants de primaire sur dix se déclarent « stressés », « impuissants », « déçus » ou encore « en colère » vis-à-vis de leur situation professionnelle. Même s’ils restent pour la plupart fiers d’exercer leur métier (à 73%), 91% des sondés estiment que la profession d’enseignant en primaire s’est plutôt « dégradée » ces dernières années, et 87% des professeurs des écoles jugent leur relation avec le ministère insatisfaisante.

« La réforme des rythmes n’est pas étrangère » à cette situation, affirme Sébastien Sihr. « On voit qu’un fossé s’est creusé entre enseignants et leur hiérarchie (…) et avec le ministère. Les enseignants sont lassés par les annonces sans lendemain, par les réformes ‘vitrines’ annoncées au journal de 20h mais pas assez accompagnées » sur le terrain, ajoute-t-il.

L’école doit retrouver une forme de « sérénité » à l’approche de nouvelles échéances importantes : mise en place des réseaux REP et REP+ d’éducation prioritaire, nouveaux programmes scolaires sur lesquels les enseignants seront prochainement consultés, renforcement du dispositif « plus de maîtres que de classes »… « Ce sont des mesures intéressantes, mais il faut aider les enseignants à les mettre en place », demande le secrétaire général du SNUipp.

3 priorités : formation, taux d’encadrement, salaire

Pour « rétablir la confiance » et permettre aux enseignants de travailler dans de bonnes conditions, le SNUipp attend du ministère de l’Education nationale des mesures significatives. Le syndicat demande des avancées sur trois points en particulier : la formation continue, le taux d’encadrement des élèves, et le salaire des enseignants.

« Comparée aux autres pays, l’école française cumule un retard sur ces trois sujets », indique Sébastien Sihr, alors qu’il s’agit de « leviers pour la réussite des élèves ». Par exemple, les pays les plus performants lors des tests PISA de l’OCDE sont aussi ceux qui ont fait de la formation des enseignants une priorité.

De même, une rémunération attractive permettrait d’attirer et de retenir les meilleurs étudiants dans l’enseignement. Pour l’instant, les salaires des enseignants français sont inférieurs d’environ 15% à la moyenne des pays de l’OCDE. En outre, « malgré la création de l’indemnité ISAE de 400 euros par an, l’écart [salarial] avec les enseignants second degré perdure, alors que nous sommes recrutés au même niveau de qualification depuis 20 ans », déplore Sébastien Sihr. « En moyenne, un professeur des écoles touche 360 euros de moins par mois qu’un professeur du second degré : cette injustice doit être réparée avant la fin du quinquennat. »

Note(s) :
  • (1) Sondage Harris Interactive pour le SNUipp réalisé auprès d'un échantillon de 3036 personnes représentatif des professeurs des écoles à partir d'un fichier de contacts du SNUipp.

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