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Constatant qu’Hannah Arendt est la seule femme à figurer dans la liste officielle des philosophes à étudier en Terminale, Ariane Baillon, lycéenne littéraire de 17 ans, a lancé la semaine dernière une pétition pour que les femmes retrouvent toute leur place dans les programmes et manuels scolaires.

Adressée à Benoît Hamon

Cette pétition, adressée au ministre de l’Education nationale Benoît Hamon, a déjà récolté plus de 700 signatures. La lycéenne s’y étonne que les femmes de lettres ne soient pas davantage représentées dans les programmes, notamment ceux de philosophie. « Pourquoi n’écouterait-on pas ce que Simone Weil, aux côtés de Hegel et Marx, a pu dire sur la condition de l’homme au travail ?

 », interroge-t-elle.

Une situation jugée sexiste, que la lycéenne ne se prive pas de dénoncer. « L’école n’est pas encore le lieu où l’on rappelle que, cachées derrière de grands hommes, il y a de grandes femmes, mais qu’on ne choisit pas de les retenir », déplore-t-elle. « L’enseignement de philosophie omet par exemple de rappeler, jusque dans les manuels, l’existence d’Elisabeth Badinter ou de Suzanne Bachelard. Là où le programme de littérature ne parle de George Sand qu’en la subordonnant à Alfred de Musset, le programme de philosophie a choisi de tomber dans l’autre extrême : Sartre y figure, Simone de Beauvoir peut quant à elle toujours courir ».

Rétablir la parité

Elle réclame donc au ministre de rétablir la parité dans les programmes et manuels scolaires, en particulier en philosophie, « afin que des générations d’élèves n’aient pas devant eux l’exemple désolant d’un énième domaine où l’on laisse les femmes passer inaperçues ». Pour que l’école, qui « a aujourd’hui la vocation de former autant des citoyens que des esprits », « montre l’exemple d’une société où les femmes ont leur place aux côtés des hommes », souligne-t-elle.