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Certains chercheurs seraient-ils plus attirés par la célébrité que par la reconnaissance du monde scientifique ? C’est ce que craint Neil Hall, biologiste britannique, dans un article publié fin juillet dans la sérieuse revue Genome Biology. Le scientifique y propose la création d’un indice Kardashian mesurant le rapport entre la notoriété d’un chercheur sur les réseaux sociaux et sa « valeur scientifique ».

Des scientifiques « célèbres pour être célèbres »

L’appellation de l’index est une référence à Kim Kardashian, starlette américaine dont la popularité ne repose sur aucune performance particulière. « Je crains que des phénomènes similaires à celui de Kim Kardashian existent aussi dans la communauté scientifique. Je pense qu’il est possible que certaines personnes soient célèbres pour être célèbres », explique Neil Hall, citant par exemple ceux qui « sont visiblement invités comme conférenciers non parce qu’ils contribuent à des publications, mais grâce à qui ils sont ».

Et à l’ère de Twitter et des réseaux sociaux, les messages les plus diffusés ne proviennent pas forcément des experts du sujet mais des personnes les plus suivies et populaires. « Si Kim Kardashian postait un tweet sur la valeur du projet ENCODE, elle obtiendrait plus de retweets et de favoris que la communauté scientifique réunie », explique-t-il notamment.

Un indice pour démasquer les « Kardashian de la science »

Le chercheur a donc établi le rapport entre le nombre de followers que les scientifiques possédent sur Twitter (considéré comme une « mesure de la célébrité ») et le nombre de citations de ces mêmes chercheurs dans les revues spécialisées (considéré comme représentatives de la « valeur scientifique »), pour obtenir le fameux indice. Au-dessus de 5, les scientifiques peuvent être considérés comme « Kardashian de la science ».

Conscient que son analyse manque de rigueur, il se dit toutefois « soulagé » d’observer que dans la plupart des cas, l’évolution de la célébrité est proportionnelle au nombre de citations. Toutefois, le chercheur souligne que la majorité des « Kardashian de la science » sont… des hommes !  « Mon ‘introduction’ met en lumière le fait que les femmes sont historiquement ignorées par la communauté scientifique », souligne Neil Hall.

A quand la création d’un indice Nabilla pour mesurer la « pipolisation » des chercheurs français ?