bras de fer homme robot

Les étudiants d'aujourd'hui sauront-ils s'imposer face aux robots dans le monde de demain ? (©Mopic - Fotolia.com)

Le think tank américain Pew Research Center a posé la même question à plusieurs centaines de techniciens et d’experts en technologie reconnus : « L’impact économique des avancées en robotique et des voitures auto-pilotées, des agents numériques qui peuvent agir à notre place, et des robots, progresse rapidement. Est-ce que les appareils robotiques et les applications d’intelligence artificielle (…) auront supprimé plus d’emplois qu’ils n’en auront créés d’ici 2025 ? »

Unanimes sur un fait : le système scolaire est inadapté

Sur les 1.896 répondants, 48% estiment que l’émergence de robots de plus en plus qualifiés accroîtra le chômage et les inégalités sociales, tandis que 52% des spécialistes estiment que les humains sauront s’adapter, comme ils le font depuis le début de la révolution industrielle, et créeront des emplois dans de nouveaux champs d’activité face à la concurrence des machines.

Les deux groupes s’accordent toutefois sur un point : le système éducatif actuel n’apporte pas les compétences nécessaires pour s’imposer sur le marché du travail du futur.

« Les autodidactes s’en sortiront »

Howard Rheingold, écrivain, enseignant et pionnier de la sociologie d’Internet, observe par exemple que « les emplois que les robots laisseront aux humains seront ceux qui nécessitent réflexion et connaissances. En d’autres termes, seuls les humains les mieux éduqués rivaliseront avec les machines. Et dans le système éducatif des Etats-Unis comme dans le reste du monde, les étudiants sont toujours assis en rangées et en colonnes, apprenant à rester tranquilles et à mémoriser ce qu’on leur dit, préparés à une vie dans une usine du XXème siècle. »

Certains experts encouragent donc à sortir du système. « Le système éducatif n’est pas en mesure de se transformer pour aider à former des diplômés capables de s’imposer face aux machines », juge Bryan Alexander, futuriste, enseignant et consultant en technologie. « Pas à temps, et pas à l’échelle suffisante. Les autodidactes s’en sortiront (…) mais les masses populaires sont préparées à la mauvaise économie. »

Les spécialistes sont nombreux à espérer que cette révolution technologique forcera également la société à réévaluer son rapport au travail, en privilégiant des modes de production à moindre échelle et plus artisanaux, et en accordant aux gens plus de temps à consacrer aux loisirs, à la famille et à l’amélioration personnelle.