Professeur, je travaille cet été !

Les enseignants sont en congés et pourtant certains travaillent l’été. Pour arrondir leurs fins de mois ou occuper leurs vacances…Témoignages.

Prof colonie de vacances

Prof colonie de vacances © .shock – Fotolia.com

En principe, un fonctionnaire ne peut exercer une autre activité, en plus de son emploi. Toutefois, il peut être autorisé à effectuer d’autres activités, sous réserve que celles-ci soient compatibles avec le métier d’enseignant et qu’elles n’affectent pas son exercice. Une demande d’autorisation doit alors être adressée à l’inspecteur d’académie pour les enseignants du premier degré et au recteur d’académie pour le second degré.

Un travail très formateur

« Avant d’envoyer son dossier au rectorat, le chef d’établissement doit d’abord émettre un avis. Il faut bien anticiper sa demande, l’accord pouvant mettre un mois », conseille Estelle Soulignac, professeur de français au lycée Pablo Neruda à Dieppe (Seine-Maritime), habituée de la démarche. Elle corrige des devoirs de vacances de collégiens et lycéens, pour le Cned. Une vingtaine de copies par jour. « C’est un collègue qui m’a informé que l’organisme cherchait des professeurs l’été. J’ai saisi l’opportunité. Ma première motivation a été la rémunération. Mais corriger des copies d’un sujet que je n’ai pas donné, d’élèves de la 6ème à la seconde, de toute la France et de l’étranger, s’est vite révélé formateur. En tant que jeune professeur, c’est très intéressant. »

Des motivations pas uniquement financières

Pour Carole Le Coquil, professeur d’anglais au collège Marguerite Duras à Colombes (Hauts-de-Seine) et responsable d’un séjour linguistique à Londres, son cumul d’activités est également un plus pour sa carrière. « Partir dans un pays anglophone, permet de conserver son niveau de langue et de rester en contact avec la culture anglaise. Comme pour les ados, les accompagnateurs sont nourris et logés dans une famille. L’immersion est totale. De plus, j’encadre trois accompagnateurs et 16 enfants de l’âge de mes élèves, ce qui me permet de continuer à travailler avec des jeunes. Cette expérience est très enrichissante. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai fait car je ne perçois pas un salaire mais une simple compensation financière. » Michèle Thevenon, enseignante à l’école Jean-Louis Aubert à Nantua (Ain) est directrice de colonie de vacances l’été. Une façon de renouer avec son premier job, celui qui lui a donné envie d’enseigner : « J’ai commencé à animer des colonies dès l’âge de 17 ans et je n’ai jamais arrêté. Je cumule les deux activités depuis 2009 et je pense que je continuerai un moment. En tant que directrice, j’établis le projet pédagogique du séjour. Mon métier de professeur m’aide pour cela. »

Un temps de travail relativement court

Les trois enseignantes font le choix de ne travailler que deux ou trois semaines sur leurs deux mois de congés. Un équilibre nécessaire, d’après elles. « J’ai fait l’erreur la première année, d’animer deux séjours de trois semaines. J’ai repris les cours très fatiguée. Je n’ai plus recommencé ! Depuis quatre années, je participe à une seule colonie l’été et je dirige le séjour. C’est plus de responsabilités, il faut notamment manager une équipe, mais c’est aussi plus reposant car on est moins en contact avec les enfants. ».

Diane Dussud

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