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Il n’y a pas que les élèves qui ont besoin de réviser l’été ! Marie-Ange Meslin, professeur d’anglais au collège Ariane à Argenteuil (Val d’Oise), le reconnaît. Elle a ainsi décidé de s’envoler trois semaines cet été, direction le Minnesota, au nord des Etats-Unis. « Après ma licence, j’ai eu l’opportunité d’y travailler pendant un an en tant qu’assistant de langue. Mon rôle consistait à parler français à des maternelles. J’avais décidé de partir pour augmenter mes chances de décrocher le CAPES », explique l’enseignante. « Depuis, j’ai conservé des liens amicaux avec ma famille d’accueil américaine. Je suis ravie de la revoir et c’est un bon moyen de pratiquer l’anglais car on perd rapidement son niveau si l’on n’est pas en immersion. »

Elisa Gy, professeur d’anglais dans les Yvelines, s’est rendue un an à Londres lorsqu’elle était en licence, via Erasmus. Désormais, elle part à l’étranger en moyenne tous les deux ans : « J’en profite pour récupérer des documents authentiques pour mes élèves comme des menus de restaurant par exemple. »

« Je suis revenue avec plein d’idées »

Enseignante d’italien et d’anglais au collège Émile Zola ainsi qu’à l’ESPE de Rennes, Sylvie Quenet ne tarit pas non plus d’éloges sur les séjours professionnels : « je suis partie à Pérouse pour un stage de perfectionnement et deux semaines à Vietri Sul Mare, près de Naples, pour y suivre un séminaire franco-italien. C’était très studieux et enrichissant. Il y avait une moitié de collègues italiens, l’autre de Français. Nous avons travaillé en petits groupes sur la construction de séquences de cours. Certaines choses ne s’apprennent qu’au contact des natifs. Je suis revenue avec plein d’idées ! »

« La grande majorité des professeurs de langues qui se présentent aux CAPES ont effectué un séjour d’au moins une année scolaire ou universitaire à l’étranger », assure Laure Peskine, secrétaire générale de l’association des professeurs de langues vivantes (APLV). Selon l’enseignante, il est « indispensable » de bien connaître la culture du pays dont on enseigne la langue, « l’enseignement des langues vivantes ayant un très fort contenu culturel du primaire, à l’université. A ce titre, il serait bien que tous les professeurs de langues puissent effectuer des séjours réguliers dans le pays dont ils enseignent la langue, à condition que ce soit pris en charge. »

Des places limitées

Plusieurs dispositifs existent dans le cadre de l’Education nationale, notamment par le biais du Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Les places disponibles sont toutefois limitées. Sur 1300 dossiers reçus cette année (premier et second degrés confondus) pour participer à un stage de perfectionnement linguistique, 520 places sont disponibles pour partir deux semaines entre début juillet et fin août. La formation, qui se déroule le plus souvent au sein d’un centre de langues ou d’une université, est prise en charge par le CIEP, à l’exception des frais de voyage. Comment s’opère la sélection ? Des commissions de sélection, présidées par les inspecteurs généraux de l’Education nationale se réunissent. « Les avis hiérarchiques sont pris en compte, les motivations ainsi que les participations antérieures sachant que trois années doivent s’écouler entre chaque demande », explique-t-on au CIEP.

« D’autres moyens pour entretenir son niveau »

Certains tentent leur chance, d’autres optent pour d’autres solutions. Myriam, enseignante d’anglais dans un collège rhônalpin, se rend à Londres « au moins une fois par an », mais elle insiste pour dire que les stages à l’étranger ne font pas tout : « on effectue des stages pédagogiques régulièrement et c’est tout aussi important. Parler couramment une langue ne veut pas dire qu’on va bien l’enseigner, ça ne suffit pas. J’ai pu le vérifier avec des enseignants de langue maternelle anglaise. De plus, les stages « longs » se font sur des vacances. Je ne sais pas si beaucoup de salariés se forment sur leurs vacances… » Selon Myriam, d’autres moyens existent pour entretenir son niveau de langue : « lectures, films en VO, discussions avec des personnes natives. Pour ma part, j’ai travaillé toute cette année avec l’assistante américaine de mon établissement. Et j’échange par e-mails avec une école au Texas avec mes 6e… » A l’écouter, les nouvelles technologies ont changé les choses.