Benoît Hamon : « La réforme des rythmes scolaires n’est pas une lubie »

Benoît Hamon a défendu ce matin les bénéfices pédagogiques de la réforme des rythmes scolaires, annonçant par ailleurs une meilleure information des parents.

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Benoît Hamon présentant les bénéfices pédagogiques de la réforme des rythmes à l'école primaire.

« Je suis l’avocat des enfants », a affirmé ce matin Benoît Hamon à l’ESPE de Paris. Le ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a défendu les bénéfices pédagogiques de la réforme des rythmes scolaires devant un public d’élus, de futurs enseignants et de journalistes.

Benoît Hamon a rappelé que la réforme initiée par son prédécesseur Vincent Peillon, décriée par certains parents d’élèves et que des maires refusent de mettre en place à la rentrée 2014, n’est « pas une réforme faite pour les adultes ». « Le temps du débat entre adultes s’achève, pour laisser place au temps des enfants« , se réjouit le ministre, pour qui le fait de travailler cinq matins au lieu de quatre est « un plus » pour les élèves.

La réforme doit permettre de corriger la baisse des résultats des écoliers français, dont 20% ne maîtrisent pas les fondamentaux (lire, écrire, compter) à la fin du primaire.

Des élèves plus concentrés le matin

Ajouter une matinée de cours le mercredi matin, ou plus rarement le samedi matin, doit en effet permettre aux enseignants de profiter davantage des pics de concentration des enfants, plus efficaces « entre 9 heures et 11 heures ». « La réforme des rythmes n’est pas une lubie de l’institution scolaire », insiste Benoît Hamon, « elle est fondée sur des diagnostics, des échanges, des travaux » de recherche, parmi lesquels des recommandations de l’académie de médecine.

Selon les premiers retours d’enseignants qui ont expérimenté la réforme dès la rentrée 2013, la souplesse introduite par une matinée de cours supplémentaire leur a souvent permis d’être « en avance sur les programmes », et de varier « les méthodes et les pédagogies » dans leurs classes. Elle bénéficie en particulier « aux élèves en difficulté », souligne le ministre.

D’autre part, avec une meilleure articulation du temps scolaire et périscolaire, les liens entre enseignants et animateurs sont « resserrés », et des moments comme la sieste en maternelle, parfois à cheval sur les deux périodes, sont mieux gérés. « Ces problèmes étaient depuis longtemps sur la table », précise la Dgesco Florence Robine. « La réforme a été une occasion unique de les repenser, ensemble », toujours en privilégiant l’intérêt de l’enfant.

Le ministre salue la « contribution déterminante des enseignants » et « leur dévouement », sans lesquels la réforme aurait pu connaître « un destin différent ». Conscient que la demi-journée de travail supplémentaire a pu « embarrasser » les enseignants, Benoît Hamon les remercie d’avoir reconnu que ces nouveaux rythmes sont « mieux pour les élèves ».

Une lettre et un site d’information pour les parents

Pour mettre en avant les bénéfices de la réforme auprès des parents d’élèves, « que les points de vue parfois assez virulents de responsables politiques ont pu inquiéter », le ministre a décidé de leur écrire une lettre d’information qui sera bientôt diffusée dans les écoles. D’autre part, un site web dédié aux parents sera mis en ligne le 23 juin : il récapitulera les avantages de la réforme, et permettra aux familles de connaître l’organisation des temps scolaires retenue dans leur commune.

Les communes qui souhaiteraient profiter des assouplissements autorisés par le décret du 7 mai 2014 ont jusqu’à demain pour déposer leur projet. Pour l’instant, quelque 600 projets ont été soumis, indique Benoît Hamon.

Concernant l’organisation des APC, le fonds d’amorçage de la réforme alloue 50 euros par enfant pour ces activités (jusqu’à 80 euros dans certaines zones isolées ou défavorisées) dans toutes les communes. « Les parents peuvent légitimement demander à leurs élus ce qu’ils comptent faire de ces 50 euros destinés à leur enfant », souligne le ministre, là où les conseils municipaux ne jugeraient pas utiles de mettre en place ces activités.

Quant à « la minorité de maires qui refusent d’appliquer la réforme » à la rentrée 2014, « c’est illégal » et les préfets se chargeront de les rappeler à la loi, prévient Benoît Hamon.

2 commentaires sur "Benoît Hamon : « La réforme des rythmes scolaires n’est pas une lubie »"

  1. Instit17  14 juin 2014 à 9 h 04 min

    Hammon peillon même méthode… mensonge et propagande… cette réforme désorganise l’école, destabilise les familles, epuise les enfants dont le temps contraint à l’école augmente considérablement, épuise les enseignants dont le temps de travail n’en fini plus… tout cela pour quel résultat? Aucun… les écoles qui pratiquaient la semaine de 4 jours depuis des années avaient pas de moins bons résultats que les autres…
    Mais peillon voulait son nom au bas d’une réforme… il l’a! Le ministre au centre du systeme educatif… voilà à quoi se résume cette réforme stupide, inique et cynique… quand dans qulques années on constatera que les resultats ne se sont pas améliorés… on mettra ça sur le dos des enseignants… en attendant on nous vend cette réforme à coup de propagande et de sondages bidonnés.

    Un instit parent d’élève écoeuré.Signaler un abus

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  2. lenne  1 février 2017 à 17 h 20 min

    je me pose la question: les résultats sont-ils plus mauvais dans les écoles privées? Elles qui n’appliquent pas la réforme des rythmes scolaires….
    Ce que je vois de mon côté:
    – des familles désorganisées par des horaires différents entre établissements au sein d’une même commune.
    -un coût plus élevé en garderie (et NAP en élémentaire)
    – des familles qui sont aussi plus inquiètes face à toutes les réformes qui se font et se défont… quelle crédibilité avons nous, enseignants?…
    – des circonscriptions qui fonctionnent le mercredi pour 3 communes contre 1 le samedi sans harmonisation et des problèmes de gestion ( remplacements, décharges, formation, numéro d’urgence de l’astreinte pour le samedi matin car l’inspection est fermée) et des familles qui prennent le temps scolaire du samedi matin pour une garderie…
    Mais surtout parlons du rythme des enfants:
    – des élèves fatigués car sollicités tout au long de la journée et qui reviennent en classe énervés: garderie, classe, cantine, NAP, classe, garderie… en maternelle. trop de collectivité tue la collectivité!
    – des locaux peu adaptés: manque de places, occupation des NAP dans les classes et des salles (BCD, Motricité) on vit les uns sur les autres… on range, on remet… j’ai appris à déménager…. et pour moi, l’école n’est pas un centre de loisirs mais un lieu d’enseignement.
    – un rythme, 7 semaines 15 jours de vacances, non respecté au profit de l’économie du tourisme.
    Enfin, je vais m’arrêter là pour vous dire que, malgré tout ce remue ménage, je fais partie des irréductibles qui, depuis 33 ans, apprécient encore leur métier…Signaler un abus

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