« La pluridisciplinarité des IUT est une chance pour les universités ! »

Près de 110 000 futurs bacheliers souhaitent s’orienter vers un IUT l’an prochain, selon le premier bilan de la plateforme d’orientations Admission Post Bac (APB). Guillaume Bordry, président de l’Assemblée des directeurs d’IUT (ADIUT) de France et directeur de l’IUT Paris Descartes, se félicite de ce regain d’intérêt.

Guillaume Bordry

Guillaume Bordry

Comment se portent les Instituts Universitaires de Technologie (IUT) en France ?

Nous avons constaté cette année sur APB, une augmentation de 7,4% du volume de candidatures, pour l’ensemble des filières universitaires. Cela nous réjouit d’autant plus que les IUT s’inscrivent dans ce mouvement : on dénombre 24% de candidatures supplémentaires en 2014 et près de 110 000 lycéens qui ont fait le vœu d’être en IUT l’an prochain. Cela veut dire qu’il y a un intérêt croissant pour les filières publiques de l’enseignement supérieur.

Comment l’expliquez-vous ?

Les universités apprennent à communiquer sur la qualité des formations qu’elles proposent, clarifient leur offre de formation, engagent des partenariats avec les lycées ; de surcroît, en période de crise, le faible montant des frais d’inscription, en IUT comme dans toute l’université, est un élément important !

Les quotas de bacheliers technologiques, instaurés l’an dernier, sont-ils bien respectés ?

Avant de les respecter, encore fallait-il que chaque recteur les fixe, académie par académie et spécialité par spécialité. Ainsi, pour une même filière, en GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations) par exemple, les objectifs d’accueil ne seront pas les mêmes dans l’académie d’Orléans-Tours, de Caen ou de Créteil. Une différence est faite, selon les viviers de candidatures et le potentiel d’accueil de chacun des IUT. Cela a donné lieu à des échanges dans toutes les académies, entre les directeurs d’IUT et les recteurs, dans un climat constructif. C’est tout nouveau, avant il n’existait pas cette responsabilisation des IUT et des recteurs sur cette question de l’accueil privilégié. L’objectif n’est pas d’accueillir un maximum d’étudiants pour les faire échouer, mais bien d’en accepter un volume raisonnable pour faire réussir le plus grand nombre possible. Ces échanges ont également montré la nécessité de travailler sur les viviers de candidatures, trop faibles pour certaines spécialités et sur certains territoires.

Pourquoi les directeurs d’IUT ont-ils voté une motion, le 16 mai dernier à Nantes, afin de réclamer un meilleur traitement de la technologie dans l’enseignement supérieur ? Quel est le problème ?

Le contrat d’objectifs et de moyens, entre IUT et universités, et le décret qui va permettre son application, rappelle que l’IUT est une structure avec un fonctionnement un peu à part, tout en étant intégrée aux universités. Nous sommes donc très satisfaits de la future mise en place de ce contrat d’objectifs et de moyens. Mais, parallèlement, nous constatons une série de signes qui risquent d’aboutir à un éparpillement de la structure IUT. Les universités se réorganisent de manière très disciplinaire. Problème : les composantes pluridisciplinaires telles que les IUT ont beaucoup de mal à trouver leur place. Ici et là, il est suggéré que des IUT soient rattachés à tel ou tel secteur disciplinaire : mais ce n’est pas envisageable car le principe même de l’IUT, c’est la pluridisciplinarité au service de la technologie et de la professionnalisation !

Nous souhaiterions une ligne directrice cohérente dans la réorganisation des universités : la pluridisciplinarité des IUT est une chance pour l’université ! Notre objectif, au niveau de chaque regroupement d’universités, c’est qu’il puisse y avoir une structure qui fédère les IUT et la technologie. C’est un élément de lisibilité et d’efficacité crucial pour les futures grandes universités que l’on est en train de construire.

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