Royaume-Uni : moins de littérature américaine, plus d’oeuvres britanniques dans les programmes

Michael Gove, secrétaire d'Etat à l'éducation au Royaume-Uni, incite à retirer des oeuvres littéraires américaines des programmes pour les remplacer par des britanniques. Enseignants et auteurs s'insurgent contre cette censure.

To Kill a Mockingbird couverture

To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) de Harper Lee, classique américain traitant du racisme et de la ségrégation, disparaît des programmes de littérature du collège.

Universitaires et écrivains s’élèvent contre la décision de Michael Gove, secrétaire d’Etat britannique à l’éducation, de retirer des classiques de la littérature américaine du programme des GCSE (équivalent du brevet des collèges) au profit d’oeuvres britanniques.

Steinbeck, Harper Lee et Arthur Miller retirés des programmes

Des oeuvres majeures comme Des souris et des hommes de John Steinbeck, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (prix Pulitzer en 1961) de Harper Lee, ou encore la pièce de théâtre Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller ne figureront plus dans les nouveaux programmes de littérature publiés cette semaine, rapporte le Sunday Times.

Bien que le ministère britannique de l’éducation se soit défendu dans un communiqué de « censurer » le moindre livre, Paul Dodd, chargé de mettre à jour les programmes d’examen pour l’une des plus grandes commissions scolaires du Royaume-Uni, attribue le changement à l’influence de Michael Gove.

« Des souris et des Hommes (…) était étudié par 90% des adolescents passant l’épreuve de littérature. Michael Gove a dit que c’était une statistique très décevante », a indiqué Paul Dodd. Entre 70% et 80% des oeuvres du nouveau programme seront des classiques britanniques, a-t-il précisé.

« Lire Dickens à 16 ans est juste ennuyeux »

La mesure a provoqué un fort mouvement de contestation sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #Mockingbird remontant dans les 10 sujets les plus discutés.

Pour Bethan Marshall, professeur d’anglais au King’s College de Londres et président de l’Association nationale pour l’enseignement de l’anglais, le nouveau programme d’étude semble « dater des années 40 ». Il craint que la liste des oeuvres ne décourage les élèves de passer l’épreuve de littérature aux A-levels (équivalent du baccalauréat). « Beaucoup d’adolescents vont penser qu’être obligés de lire Dickens à 16 ans est juste fastidieux et ennuyeux. Cela va miner les enfants », estime-t-il.

Selon un sondage réalisé l’année dernière par le Times Educational Supplement, To Kill a Mockingbird (« Ne tirez pas sur l’oiseur moqueur » en français) était le deuxième livre préféré des enseignants britanniques.

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