Langues vivantes au bac

Langues vivantes au bac © Coloures-Pic - Fotolia.com

Le déroulement des épreuves de langues vivantes au bac a changé depuis l’an dernier : où en est-on ?

Les langues vivantes sont désormais évaluées à l’écrit et à l’oral, dans toutes les séries. Avant 2013, on n’évaluait pas l’expression orale au bac général (séries ES, L et S). C’est donc un vrai changement. Il y a une volonté du ministère, partagée par la plupart des enseignants, d’évaluer la LV1 et la LV2 à la fois à l’oral et à l’écrit. Dans le détail, tous les élèves de terminale sont évalués en compréhension de l’oral, compréhension de l’écrit, expression orale et expression écrite.

L’APLV dénonce depuis 2012  les modalités de passage des épreuves. Quel est le problème ?

L’APLV se fait l’écho de ce que ressentent la majorité des enseignants de langues. L’épreuve écrite est toujours terminale mais à l’oral, sauf en série L, l’épreuve est organisée dans le courant de l’année dans chaque établissement. Nous le déplorons car cela signifie que l’anonymat n’est plus respecté. Il arrive ainsi fréquemment que les enseignants connaissent les élèves qu’ils interrogent. Dans le cas des professeurs des langues dites « rares », c’est encore plus ennuyeux : comme ils sont souvent seuls à enseigner la langue dans l’établissement, ils se retrouvent à la fois enseignants et évaluateurs.

A partir du moment où l’organisation est « maison », il y a aussi beaucoup plus de flexibilité. Certains élèves prennent l’épreuve à la légère car elle se déroule dans l’établissement et ils connaissent les enseignants. La proportion d’élèves absents est plus grande, et les lycées doivent souvent organiser deux sessions de rattrapage pour les candidats qui ne se présentent pas.

Les consignes d’évaluation sont-elles claires aujourd’hui ?

Oui, nous avons des grilles d’évaluation très précises. Néanmoins, les enseignants ont beaucoup de difficultés à passer d’une notation de 0 à 20, à une notation par paliers comme on nous le demande en compréhension orale, en adéquation avec le cadre européen commun de référence pour les langues (CERL) . En LV1, on ne peut plus mettre que 0, 6, 10, 16 et 20 et aucune autre note. Les enseignants qui ont l’habitude de moduler leurs notes sont embarrassés. Le passage de 10 à 16 par exemple reste très problématique car de nombreux élèves sont entre ces deux notes toute l’année.

Y a-t-il du positif dans ces nouvelles épreuves ?

Il y a une nouveauté intéressante : on ne demande pas aux enseignants de langues vivantes de traiter un programme précis mais de travailler sur quatre grandes notions dans l’année scolaire : mythes et héros, espaces et échanges, lieux et formes du pouvoir, ou encore l’idée de progrès. Pour les épreuves orales, à partir des supports étudiés en classe, les candidats de toutes les séries doivent proposer à leur enseignant les problématiques et les parcours sur lesquels ils vont travailler dans la perspective du bac. Ils présentent ensuite une synthèse à l’examinateur. Ils peuvent, par exemple, choisir deux textes et une vidéo qu’ils ont fait en classe. C’est une liberté et cela permet de voir si l’élève a fait un travail personnel. Les élèves sont acteurs et non récepteurs passifs.