« Les parents sont les premiers et les ultimes éducateurs de leurs enfants. Mais aujourd’hui, les enfants sont aussi les éducateurs de leurs parents », affirme Marc Prensky, consultant américain et ancien enseignant.

L’école doit ainsi « éduquer les parents à travers leurs enfants ». « Elle doit interroger les élèves sur leurs passions, leur demander comment ils envisagent d’améliorer la marche du monde. C’est ainsi que les parents pourront s’adapter à ce nouveau monde », insiste le consultant lors d’une conférence de presse de l’Apel. Toutefois, 61 % des parents disent être mal préparés au statut de parent, selon le sondage Opinionway. Cela s’explique par une avancée vers un « monde nouveau fait de variabilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté ». « Cette impréparation est d’autant plus mal vécue qu’elle est liée à l’intensité des enjeux qu’on place dans l’école », analyse Caroline Saliou, présidente de l’Apel.

Alors que le monde change (reproduction sociale, impact du niveau de diplôme sur le revenu ou sur les risques d’être au chômage…), cela donne à voir combien la ‘non-réussite scolaire‘ a un impact fort tout au long de la vie, affirme Julien Goarant, directeur d’études à Opinionway.

Peu de relation entre réussite scolaire et réussite dans la vie, selon les parents américains

Pour 90 % des parents américains, il n’y a que peu de relation entre réussite scolaire et réussite dans la vie« , affirme Marc Prensky. A l’inverse en France, « la ‘non-réussite scolaire’ a un impact fort tout au long de la vie ». Et selon le sondage Opinionway, 88% des parents français déclarent que les résultats scolaires tiennent une place très (29%) ou plutôt (59%) importante dans les discussions qu’ils ont avec leurs enfants. 54 % d’entre eux trouvent également difficile d’aider leur enfant à réussir dans sa vie.

Le chercheur constate qu’en France, « les parents ne sont pas intéressés par des compétences telles que la collaboration, l’audace, la créativité… Or ce sont elles qui vont faire réussir les enfants dans l’avenir », assure Marc Prensky.

« Il faut que nous nous demandions ce que l’on veut de nos enfants pour demain. Ne faut-il pas leur apprendre à agir, à entretenir des relations avec les autres, à réaliser des projets, à accomplir des choses réelles dans le monde ? », insiste Marc Prensky. « Les parents comme les professeurs devraient dire à leurs élèves qu’ils ne veulent pas les voir apprendre les mathématiques en soi, mais que la finalité est ailleurs. Ils apprennent les mathématiques pour savoir penser, pour bien utiliser leurs connaissances plus tard ». Un enfant « doit savoir bien penser, bien agir, bien accomplir une tâche. Or on n’enseigne pas cela à l’école« , regrette-t-il.