De plus en plus de jeunes diplômés français de doctorat choisissent de s’expatrier après leur thèse, une décision souvent motivée par la difficulté pour eux de s’insérer sur le marché du travail français.

L’expatriation, « un choix par défaut »

D’après une étude Apec/Irédu (1), publiée en avril 2014, la difficulté à trouver un emploi en France a incité 2/3 des jeunes docteurs expatriés interrogés à quitter le pays, 35 % estimant même qu’il s’agissait de la raison principale de leur départ.

Pour les auteurs de l’enquête, ces résultats « conduisent à nuancer l’hypothèse d’une fuite des cerveaux, l’expatriation étant pour la majorité des jeunes docteurs un choix par défaut, souvent contraint par l’absence de débouchés professionnels sur le marché du travail français de l’enseignement supérieur et de la recherche« .

70 % toujours à l’étranger après 3 ans

La nécessité d’avoir une expérience à l’étranger (pour 60 % des interrogés), de meilleures conditions scientifiques (pour 56 %) et des avantages en terme de carrière (pour 56 %) ont également influé sur la décision des jeunes diplômés de s’expatrier.

Le rapport indique en outre que « trois ans après l’obtention du doctorat, 70 % des docteurs de l’échantillon résident à l’étranger dont plus d’un tiers aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ».

L’étude Apec/Irédu s’appuie sur une enquête menée par l’Irédu et le Cédeq en 2012, auprès de 668 jeunes docteurs diplômés en France entre 2003 et 2007, partis à l’étranger après leur thèse. 336 ont répondu à l’intégralité de l’enquête.