Les syndicats mettent la pression sur Benoît Hamon

A peine nommé ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur de la Recherche, Benoît Hamon est déjà interpellé par les syndicats enseignants. Le point sur leurs réclamations.

Classroom © Franck Boston - Fotolia.com

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Promu le 2 avril dernier au ministère de l’Education, Benoît Hamon est déjà attendu au tournant par les principaux syndicats d’enseignants. Tous s’accordent à dire qu’il est « hors de question » de remettre en cause la création des 60 000 postes, promis par François Hollande en 2012. Un engagement difficile à tenir dans le contexte actuel de restrictions budgétaires, comme l’analyse l’historien de l’éducation Claude Lelièvre.

« La refondation reste un slogan »

Syndicat majoritaire dans le 1er degré, le SNUipp-FSU souhaite que Benoît Hamon soit le ministre du « changement concret » de l’école : « la refondation reste, pour le moment, un slogan. Elle est peu perceptible dans le quotidien », estime son secrétaire général, Sébastien Sihr. Il rappelle que l’école fait face à un triple défi : absorber la pression démographique, avec quelque 100 000 élèves supplémentaires lors des trois prochaines rentrées, rattraper le retard accumulé par les années de suppression de postes et déployer les dispositifs annoncés tels que ‘Plus de maîtres que de classes’  , la scolarisation des moins de 3 ans et les mesures pour refonder l’éducation prioritaire. Le SNUipp réclame aussi toujours une égalité de traitement entre les professeurs des écoles et du second degré.

Quant à l’épineux dossier des rythmes scolaires, Benoît Hamon doit « rouvrir très rapidement le dossier », insiste le Snalc-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges). « Il y a nécessité d’y voir clair sur la nature de l’assouplissement annoncé par le Premier Ministre », ajoute Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. « On attend aussi la confirmation des 4000 postes (ETP) annoncés pour le collège. Et d’une manière générale, le ministre doit préciser les orientations, voire les inflexions, qu’il va demander. Est-ce que, par exemple, il va traiter la question du lycée ? »

Revoir le contenu des ESPE

La formation initiale et le lancement des ESPE ? Le compte n’y est pas, selon les syndicats qui demandent une reprise en main du contenu : « Il y a de nombreux dysfonctionnements et disparités entre les académies. Beaucoup de choses doivent être remises d’aplomb, aussi bien sur les maquettes de master que sur le contenu des concours », note Frédérique Rolet. La secrétaire générale du Syndicat National des Enseignements du Second degré (SNES) souhaite aussi une remise à plat de la réforme des lycées, « notamment sur la question des langues vivantes, la réforme des bacheliers technologiques et le dispositif ECLAIR dont on ne sait pas ce qu’il devient ».

Dans une lettre adressée à Benoît Hamon, le Snetaa-FO, premier syndicat des professeurs de lycées professionnels, préconise de son côté « une autre politique pour l’enseignement professionnel » afin d’assurer, entre autres, « l’augmentation des qualifications au travers d’un parcours du CAP au BTS ».

La réunion des deux ministères, de l’éducation et de l’enseignement supérieur ? Le Sgen-CFDT  y voit d’abord une opportunité, celle « de traiter réellement le problème de l’échec en licence et de l’orientation post bac, en ouvrant, enfin, le chantier de la continuité du parcours de formation entre le lycée et l’enseignement supérieur ».

Le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur, vient d’adresser un mémorandum au ministre. « L’horizon se bouche pour les universités, des moyens d’urgence sont nécessaires et peuvent être trouvés ! », assure Marc Neveu, co-secrétaire général du Snesup. Revenir sur le crédit d’impôt recherche, combler les déficits des universités, renforcer le statut des enseignants-chercheurs… Le Snesup a recensé 10 actions à mettre en œuvre rapidement. « Il est important, entre autres, que l’Etat reprenne la gestion de la masse salariale des universités », insiste Marc Neveu, « sans quoi les présidents seront des fusibles et ne pourront pas maintenir à flot les universités ».

Benoît Hamon  avait vu juste : « celui qui succédera à Vincent Peillon devra s’accrocher… »

1 commentaire sur "Les syndicats mettent la pression sur Benoît Hamon"

  1. Thierry  30 avril 2014 à 15 h 17 min

    Mais qu’attendent les syndicats pour lancer un mot d’ordre commun ? Il n’est que temps de descendre dans la rue pour réclamer une véritable réforme de l’enseignement ! Peillon (d’ailleurs remercié à juste titre) a fait fausse route (les rythmes scolaires, la refondation, les ESPE, la formation m@gister…). C’est aux syndicats enseignants de pousser le gouvernement Hamon à revoir complètement sa copie. Il en va de leur rôle, de leur utilité, de leur crédibilité.Signaler un abus

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