Dictée © Olivier Le Moal - Fotolia.com

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Dans une tribune intitulée « Les 5 dérives pédagogiques qui ont miné l’Ecole » publiée sur le site du Figaro, Jean-Rémi Girard, professeur de français, secrétaire national du SNALC-FGAF, dénonce le projet du ministère de l’Education nationale de ne plus noter les dictées et de pratiquer une « évaluation positive » ne prenant en compte que les mots bien orthographiés. Dans la seconde partie de son article intitulée « L’évaluation ou Oui-Oui au pays des Bisounours », il blâme les expérimentations telles que points rouges et points verts et autres smileys se substituant à la note, sous prétexte que  « stigmatisante, démotivante, humiliante, la note chiffrée aurait tous les défauts ».
Ne plus noter les dictées revient pour lui à « nier la difficulté scolaire et à refuser à la note chiffrée d’être, tout simplement, ce qu’elle est, à savoir une indication de la qualité d’un travail donné à un moment donné ». Il est rejoint en cela par le champion du monde d’orthographe Bruno Dewaele, qui juge que ce projet vise surtout à « masquer un déficit« .

Sortir de l’évaluation-sanction

A contrario, un article intitulé « La fin du zéro pointé ‘non mérité’ en dictée » publié dans Le Monde, prône la nouvelle méthode d’évaluation. L’article rappelle qu’à l’origine de ce projet on trouve un inspecteur général de lettres, Olivier Barbarant. Pour lui, il faut impérativement sortir de l’évaluation-sanction, pour permettre à l’élève de progresser. Aujourd’hui affirme-t-il, « la dictée ne fait que certifier un niveau, sans donner aux élèves les moyens de s’améliorer. » « Actuellement, la dictée fait le plus souvent l’objet d’une évaluation descendante : par rapport au texte source, l’enseignant décompte, en négatif, les erreurs commises. Cette pratique, décourageante pour l’élève, ne permet pas pour autant de bien cerner quelles sont ses difficultés orthographiques et quels remèdes y apporter » lit-on également sur le site du ministère de l’Education nationale.

A noter qu’Olivier Barbarant a un soutien et non des moindres puisqu’il s’agit de celui de l’Association française des enseignants de français (AFEF). « L’intérêt pédagogique [de l’évaluation positive] est de taille : disqualifier définitivement la terminologie traditionnelle de ‘faute’, et se saisir des erreurs, non plus comme d’un outil de sanction, mais comme d’un support d’enseignement-apprentissage de l’orthographe » juge ainsi l’association.

L’Education nationale propose donc aux enseignants un logiciel avec barème graduel permettant de noter la dictée en prenant en compte trois catégories différentes : l’orthographe des mots, l’accord des noms et l’accord des verbes. Pour l’instant, ce système de notation n’est pas généralisé, les enseignants de primaire et de collège étant juste invités à l’utiliser, sans caractère contraignant.

Alors, la fin des notes en dictée, régression ou progrès ? Le débat est ouvert !