Le ministère de l’Education nationale a présenté jeudi un nouveau barème de notation des dictées. Celui-ci consisterait à prendre en compte les bonnes réponses des élèves et non plus seulement les mauvaises. Il s’agirait donc d’une évaluation positive uniquement basée sur le nombre de mots bien orthographiés.

Toutefois, ce nouveau système ne fait pas l’unanimité. Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe et professeur de lettres modernes ne semble pas être convaincu par cette nouvelle pratique. « Je ne suis pas sûr qu’un nouveau barème fasse faire des progrès aux élèves. L’Education nationale cherche surtout à masquer un déficit. Déjà en 1990, le gouvernement avait entamé une réforme de l’orthographe, pour la simplifier, au lieu de l’apprendre telle qu’elle était. Ce n’est pas ça qui va aider les élèves, quand on sait qu’ils confondent encore en seconde un futur avec un imparfait ».

Orthographe : une baisse évidente

En plus d’un nouveau système peu prometteur, Bruno Dewaele, constate que le niveau actuel des jeunes en orthographe est en nette diminution. « Quand on compare des copies d’aujourd’hui à celles d’il y a trente ans, il y a une baisse évidente ». Et pour cause, le temps consacré à l’orthographe est moindre comparé à celui des années précédentes. « Les jeunes ont aussi perdu l’habitude de lire. Comment parvenir à visualiser des mots si on ne les a jamais lus ? Et puis, même s’ils lisent, le niveau des textes pour enfants a beaucoup changé », déplore-t-il.

Enfin, ce barème dit « graduel » a déjà été testé pour la correction de 1500 copies lors du brevet des collèges en juin dernier. D’après les résultats de l’expérience, cette évaluation semble défavoriser les bons élèves en dictée au profit des plus faibles.