Dans le ventre, un cerveau de la taille de celui d’un chien

L’être humain possède un deuxième cerveau, non dans la tête, mais bien caché au creux de l’intestin. C'est l'objet d'un récent documentaire de Cécile Denjean diffusé sur Arte. Explications.

Le ventre, notre deuxième cerveau © Scientifilms

Le ventre, notre deuxième cerveau © Scientifilms

Il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord. En effet, le système nerveux entérique constitue le deuxième cerveau de l’être humain. « Les scientifiques se sont aperçus qu’il existait une quantité de neurones dans notre ventre, à peu près autant que dans le cortex d’un chat ou d’un chien. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution« , souligne Cécile Denjean, auteur de ce documentaire diffusé sur Arte. En effet, ses quelques 200 millions de neurones présents dans notre ventre servent d’abord à maîtriser le plus essentiel des processus vitaux : la digestion, une tâche essentielle qui fait de ce deuxième cerveau le premier par ordre d’apparition dans l’évolution. Et oui, avant d’être des êtres pensants, nous étions des organismes digérant !

Nos organes digestifs jouent ainsi un rôle primordial. Mais ont-ils vraiment une relation avec nos émotions ?

Impact sur l’humeur

« Avoir une boule au ventre » quand on est stressé ou « avoir des tripes » quand on est courageux, voilà des expressions qui ne semblent pas anodines. En effet, des chercheurs ont, par exemple, découvert que notre cerveau entérique produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. De plus, notre deuxième cerveau abrite également une colonie spectaculaire de cent mille milliards de bactéries dont l’activité influence notre personnalité et nos choix, nous rend timides ou, au contraire, téméraires.

Espoirs thérapeutiques

En plus d’avoir des répercussions sur notre humeur, ce système nerveux entérique pourrait également être porteur d’espoirs thérapeutiques. En effet, des maladies neurodégénératives, comme Parkinson, pourraient trouver leur origine dans le ventre. Elles commenceraient par s’attaquer aux neurones de notre intestin, hypothèse qui, si elle est vérifiée, débouchera peut-être sur un dépistage plus précoce.

A noter que l’acupuncture abdominale, pratiquée depuis une quarantaine d’années en Chine, soigne de nombreuses pathologies dont justement la maladie de Parkinson, celle d’Alzheimer et la dépression.

Des États-Unis à la Chine en passant par la France, ce documentaire de Cécile Denjean passe en revue les recherches les plus récentes menées sur notre deuxième et intrigant cerveau.

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