Ecole et entreprise : « la méfiance réciproque s’est atténuée »

L’association française des acteurs de l’éducation (AFAE) consacre le dernier numéro de sa revue trimestrielle aux relations entre les entreprises et l’école. Selon Jean-Claude Rouanet, IA-DSDEN honoraire et co-coordonnateur du numéro, le dialogue progresse.

Revue AFAE

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Pourquoi avoir choisi de vous intéresser aux liens entre école et entreprise ?

Fin 2012, avant même les Assises de l’entrepreneuriat, j’ai proposé que notre association se penche sur le sujet, pour plusieurs raisons. D’une part, l’entreprise est souvent évoquée comme une des solutions pour mieux faire réussir les jeunes. Le ministre de l’Education nationale a lui-même évoqué l’entreprise pour aider les adolescents en délicatesse avec le système éducatif. D’autre part, le Conseil national éducation-économie (CNEE) a été ravivé en octobre 2013, avec la volonté de renforcer les relations entre le tissu économique et l’école. D’une manière générale, nous avons constaté que l’esprit d’entreprendre, pourtant inscrit dans le socle commun de connaissances, n’était pas suffisamment mis en avant.

Où en sont les relations école/entreprise aujourd’hui ?

Ces deux pôles travaillent de mieux en mieux ensemble ! Il y a 30 ou 40 ans, l’entreprise se voyait reprocher de chercher des jeunes immédiatement « rentables ». Au départ, il y a une distance entre l’école et l’entreprise car les finalités ne sont pas les mêmes. La méfiance réciproque s’est atténuée. De plus en plus, alors que l’entreprise se préoccupe de sa rentabilité et de ses résultats, l’école a des performances à afficher. Elle n’a pas le choix, la compétition est internationale !

Ecole et entreprise ne sont pas deux monstres froids. Dans notre revue, nous montrons, par exemple, comment les maisons d’édition travaillent en relation avec l’école. Il existe aussi de nombreuses formations qui fonctionnent avec le concours des entreprises, notamment dans la validation des acquis. Il ne faut pas oublier non plus que les entreprises sont présentes dans les commissions professionnelles consultatives, là où sont définis les diplômes.

Quels points précis pourraient encore être améliorés ?

Les stages en entreprise. Au collège, il faudrait être plus précis sur l’objectif de la semaine de stage obligatoire en 3e. Trop souvent, le chef d’entreprise s’interroge : est-ce un stage d’observation ? De découverte du métier ? Ou bien s’agit-il de respirer un air différent ?

En ce qui concerne les stages en Bac pro, BEP et BTS, il est nécessaire de se rapprocher davantage des professionnels. Des marges d’amélioration sont possibles.

Et puis il ne faut pas négliger le tissu d’associations qui apportent une contribution, reconnue par le ministère, dans la mise en relation des jeunes avec les entreprises.

Vincent Peillon a dit qu’il souhaitait que les stages entreprise puissent avoir lieu dès la 6e : qu’en pensez-vous ?

Le Conseil supérieur des programmes y réfléchit. J’y suis très favorable dans la mesure où l’entreprise est désormais au programme de la 6e à la terminale. Et je ne crois pas qu’on puisse apprendre l’entreprise, simplement en développant les théories économiques ou en se contentant de faire des stages : il faut trouver le juste milieu entre la théorie et la pratique.

Aujourd’hui, en histoire-géographie par exemple, il est difficile d’éluder les filières professionnelles et les secteurs d’activités quand on parle de l’économie d’un pays. Les enseignants évoquent inévitablement l’entreprise.

Les enseignants de sciences économiques et sociales (SES) devraient-ils faire un stage en entreprise, comme le préconisent certains élus ?

Dans le système éducatif, il y a les professeurs d’économie et de gestion, et les enseignants de SES : chacun à leur manière, ils abordent l’entreprise. Je crois néanmoins qu’il est difficile de faire l’économie d’une immersion dans le monde de l’entreprise, si l’on veut savoir de quoi l’on parle.

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