« L’école perçue comme une contrainte, et non plus comme une chance »

Elitiste et sélective, l’école française d’aujourd’hui n’encourage pas les jeunes. Philippe Jeammet, psychanalyste et professeur émérite de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, raconte à travers son livre, "Grandir en temps de crise", comment aider les enfants à croire encore en l'avenir.

Grandir en temps de crise de Philippe Jeammet

Grandir en temps de crise de Philippe Jeammet

Comment les adolescents peuvent-ils se construire dans le climat d’incertitude et d’inquiétude actuel ? Comment aider les enfants à croire encore en l’avenir ? C’est à ces questions complexes qu’a tenté de répondre Philippe Jeammet dans un livre publié aux Éditions Bayard, Grandir en temps de crise.

« L’école française ne favorise pas l’enthousiasme des jeunes »

Alors que le professeur souligne l’urgence de rompre avec le pessimisme ambiant pour aider les adolescents à croire en l’avenir, il observe que « l’école française ne favorise pas l’enthousiasme des jeunes« . En effet, élitiste, réservée aux plus forts ou avare en compliments, l’école est aujourd’hui perçue comme une contrainte et non plus comme une chance. Elle ne fait qu’accroitre la pression sur les élèves et la démotivation des enseignants. Au cours d’un long chapitre consacré à l’école, l’auteur propose de rappeler son potentiel d’émerveillement pour que celle-ci ne soit plus une obligation mais une liberté. Pour cela, il faudrait revisiter des « notions comme le goût de l’effort ou la capacité à différer le plaisir« , explique-t-il.

Pointant ainsi du doigt la notion de pessimisme, d’anxiété et d’inquiétude concernant l’avenir, le professeur affirme qu’en « critiquant sans cesse l’école, nous finissions par ébranler l’enthousiasme des enfants/adolescents et perdre de vue que le savoir, c’est une liberté« .

Un devoir d’espoir

Les contraintes actuelles maintiennent les jeunes durablement chez leurs parents. Souvent perturbés par le futur compliqué qui attend leur progéniture, les parents doivent néanmoins leur enseigner l’espoir en l’avenir. A l’image de l’adolescent qui grandit, « la crise nous indique que nous arrivons à un moment où les choses doivent changer. Au lieu de prendre peur, de nous agripper pour pouvoir préserver ce qui a été, il faut accepter le changement, qui va du côté de la vie, car la vie n’est pas statique : c’est un mouvement perpétuel« .

Avec un regard nouveau porté sur l’adolescent, l’ouvrage a pour but d’aider ce dernier à faire son chemin. Il rappelle que l’adolescent doit se développer dans trois domaines essentiels : il doit prendre soin de son corps, développer ses compétences scolaires, et enfin développer sa sociabilité.

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1 commentaire sur "« L’école perçue comme une contrainte, et non plus comme une chance »"

  1. Loys Bonod  26 mars 2014 à 16 h 49 min

    « Le savoir c’est une liberté ». Mais, précisément, quand l’école ne parvient plus à conduire à cette liberté; ce n’est pas d’optimisme dont nous avons besoin mais de lucidité. Le naufrage actuel de l’école a trop longtemps fait l’objet d’un déni. Et le changement n’est pas nécessairement « du côté de la vie » : Hannah Arendt a montré ce que le conservatisme de l’école avait de précieux.Signaler un abus

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