Des universités françaises autonomes mais en difficultés financières

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a annoncé mercredi dernier qu’il allait prêter 2,6 millions d’euros à l’université de Versailles-Saint-Quentin pour lui permettre de boucler son budget 2014. Un prêt qui souligne les difficultés rencontrées par certaines facultés depuis leur autonomie.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche va prêter 2,6 millions d’euros à l’université de Versailles-Saint-Quentin (UVSQ), plongée dans une crise financière, pour lui permettre de boucler son budget en 2014, a-t-on appris mercredi dernier.

Une quinzaine de facultés en difficultés financières

L’université de Versailles-Saint-Quentin n’est pas la seule université à subir de graves difficultés financières. En effet, une quinzaine de facultés sur 76 seraient, elles aussi, victimes de problèmes budgétaires. « Parmi celles-ci, Paris I, Paris XIII, Montpellier 3, Lyon 2, La Réunion… », indique William Martinet, président de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France).

Alors que « pratiquement toutes ces universités ont dû réduire massivement leurs moyens ces dernières années », elles sont ainsi confrontées à de véritables casse-tête pour assurer leurs cours, affirme Claudine Kahane, co-secrétaire générale du Snesup. En effet, « en novembre, pendant près d’un mois, nous n’avons pas pu utiliser les photocopieuses », raconte Jérôme Deauvieau, directeur du département de sociologie à l’université de Versailles Saint-Quentin, en région parisienne. « On encourageait les étudiants à le faire eux-mêmes ».

L’autonomie, principale cause

La loi sur l’autonomie des universités en 2007 devait offrir à l’enseignement supérieur français une plus grande souplesse, davantage de dynamisme et une meilleure visibilité sur le plan international. Mais à l’heure actuelle, cette autonomie semblerait être le principal facteur de cette crise financière. En effet, elles doivent désormais gérer leur masse salariale et assumer des charges qu’elles ont du mal à anticiper, comme l’explique Gérard Blanchard, vice-président de la Conférence des présidents d’universités (CPU) : « la masse salariale a tendance à augmenter en cours d’année en raison de l’ancienneté des personnels. Et ces charges ne sont ni compensées par une subvention supplémentaire de l’Etat, ni par un nombre suffisant de départs en retraite ». Enfin, l’augmentation du nombre de boursiers ces dernières années « a également engendré un manque à gagner pour les universités », explique-t-il.

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