Préfet des études : « un professeur qui aide les élèves à mieux travailler »

Jonathan Gérard est préfet des études au collège Nelson Mandela d’Elbeuf (Seine-Maritime). Une fonction méconnue, dont les contours devraient évoluer très bientôt. Témoignage

Petit groupe élèves

Petit groupe élèves © goodluz – Fotolia.com

Assurer un suivi plus personnalisé des élèves par niveau, impulser une dynamique au sein de l’équipe éducative mais aussi créer du lien entre élèves, parents et enseignants… Autant de missions assurées depuis 2010 par les préfets des études.

La fonction a été créée par l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Chatel, dans les établissements ÉCLAIR (Écoles, Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite).

Au collège ÉCLAIR Nelson Mandela d’Elbeuf, ils sont trois à assurer ce rôle à propos duquel Bianca Marion, principale adjointe de l’établissement, ne tarit pas d’éloges. Elle le fait en connaissance de cause puisqu’ elle fut elle-même préfet des études jusqu’en 2011 : « J’en garde un excellent souvenir et l’expérience que j’en ai tirée n’est pas étrangère à mon changement de fonction… »

« J’aide les élèves à s’organiser »

Jonathan Gérard fait partie de l’équipe. Il est en charge des 6e/5e : « j’apprécie beaucoup ma double mission, cela permet d’entretenir un autre rapport avec les élèves. » Professeur de français ‘supplémentaire’, il n’a pas de classe attitrée, ce qui lui permet d’intervenir dans les différentes écoles primaires du réseau ECLAIR. Il travaille sur la langue avec des petits groupes en CM2, tandis qu’il se concentre davantage sur la grande difficulté scolaire en 6e. « Préfet des études était un prolongement naturel avec mon métier d’enseignant », estime-t-il, « les missions sont infinies, tout dépend de ce que l’on en fait ! »

Dans son collège, Jonathan explique travailler beaucoup sur la motivation des élèves et la prévention du décrochage, « j’assure un tutorat vraiment individualisé, c’est-à-dire que je rencontre les élèves en face à face ou en très petits groupes de deux ou trois. Nous travaillons ensemble sur la méthodologie, l’organisation et la posture de l’élève. Concrètement, je les aide à s’organiser, à apprendre une leçon, à respecter une consigne. Je prends le temps de voir comment chaque élève apprend sa leçon et pourquoi il échoue. »

« Un travail en équipe »

Jonathan s’est aussi formé pour mieux appréhender les troubles spécifiques de l’apprentissage tels que la dyslexie. « J’essaie de les dépister et, en cas de doute, j’adresse l’élève au médecin scolaire. Je m’occupe aussi de remplir les dossiers liés aux situations de handicap. Je soulage les profs principaux de toutes ces tâches qu’il leur est difficile d’assurer. »

Quelle différence avec le rôle du Conseiller principal d’éducation (CPE) ? « Cela n’a rien à voir », insiste Jonathan, « nous travaillons en équipe mais eux sont sur le terrain éducatif, tandis que nous nous situons exclusivement sur le volet pédagogique. Si un élève pose problème par son comportement par exemple, c’est le CPE qui s’en occupe, éventuellement en lien avec les préfets si le problème de comportement a pour origine des difficultés scolaires : c’est un travail d’équipe. Pour ma part, j’ai des élèves en difficultés scolaires ou en mal-être. Cette fonction me permet de percevoir tous les aspects d’un établissement scolaire, ce qui n’est pas toujours le cas quand on est prof. »

En moyenne, Jonathan dit consacrer « entre 5h et 6h par semaine » à sa fonction de préfet des études. « C’est le principal défaut », remarque-t-il, « préfet des études peut rapidement devenir chronophage dans la mesure où, en plus des rencontres avec les élèves et du tutorat, il faut aussi siéger aux commissions de suivi, rencontrer les différents intervenants, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’établissement… »

De leur côté, les élèves perçoivent Jonathan « comme un professeur qui les aide à mieux travailler ». Cette fonction mériterait d’être « pérennisée et développée », souligne l’enseignant, en pointant notamment du doigt la nécessité d’instaurer des heures de décharge. « En ce qui me concerne, j’assure des heures en plus de mes heures d’enseignement, avec une prime en fin d’année. »

Les missions du préfet des études, sont « en cours de redéfinition », indique sobrement le ministère de l’Education. Une chose est sûre, les préfets des études vont changer d’appellation pour devenir bientôt des « coordinateurs par niveau ».

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