Le 12 décembre dernier, la gendarmerie nationale et la compagnie d’assurances AXA lançaient le Permis Internet, un « programme pédagogique de responsabilisation des enfants et des parents pour un usage d’Internet plus sûr » basé sur un examen de dix questions, et déployé dans un premier temps dans 38 départements.

La pédagogie de la peur

Le SI.IEN-UNSA a appelé la semaine dernière « les inspecteurs à ne pas promouvoir le projet de «permis Internet»« . Le syndicat d’inspecteurs dénonce un dispositif « diamétralement opposé aux démarches préconisées dans le cadre du socle commun des compétences, des connaissances et de la culture », et rappelle que seuls les enseignants ont « la compétence à développer des actions éducatives responsabilisant les élèves en matière des usages numériques ».

Les syndicats d’enseignants SGEN-CFDT et SE-Unsa se sont déjà élevés contre cette initiative qui, en mettant en garde contre les « dangers » d’Internet, pratique une « pédagogie de la peur » néfaste, au lieu de promouvoir une éducation à l’usage des outils numériques et d’Internet. De plus, certaines « bonnes réponses » au quiz interrogent.

L’école doit être libérée de toutes pressions économiques

Par ailleurs, la neutralité commerciale du projet est discutable, dans la mesure où AXA propose « la 1ère assurance contre les dangers d’Internet« .

Dans une réponse au courrier adressé par le SE-Unsa au ministère de l’Education nationale au sujet du Permis Internet, le directeur adjoint du cabinet de Vincent Peillon assure faire preuve de vigilance afin que l’école « reste un lieu libéré de toutes pressions économiques et commerciales ».