Gilets Jaunes : « quand la réforme sera appliquée partout, nous serons encore plus nombreux ! »

Les Gilets Jaunes, association de parents d'élèves, organisent une grande manifestation contre la réforme des rythmes scolaires le 15 mars à Paris. Entretien avec Magali Martinelli, porte-parole des Gilets Jaunes de l'Essonne.

Comment sont nés les Gilets Jaunes et quelles sont leurs revendications ?

Tout est parti de la com­mune de Ris-Orangis, quand la réforme des rythmes sco­laires a été mise en place. Les 3 pre­miers mois ont été un vrai fiasco ! Il n’y avait pas le bon nombre d’animateurs, des enfants se sont retrou­vés à la rue, d’autres ont fait des crises d’asthmes, les ani­ma­teurs n’ayant pas les PAI. Avec plu­sieurs délé­gués de parents d’élèves, nous avons lancé une péti­tion pour deman­der l’arrêt de la réforme, et avons décidé d’aller à chaque entrée et sor­tie d’école avec un gilet jaune tant que l’insécurité régne­rait sur la commune.

Les parents ont ensuite fait un blog pour par­ler de l’opération Gilets Jaunes et lan­cer un appel aux com­munes qui avaient fait pas­ser la réforme. Là, ça a pris une ampleur incroyable, de nom­breux parents ont pris contact avec nous pour faire part de leurs pro­blèmes. De fil en aiguilles, une asso­cia­tion a été créée offi­ciel­le­ment, l’AGJ, qui regroupe toutes ces per­sonnes. C’est un mou­ve­ment natio­nal, hors fédé­ra­tion de parents d’élèves. Nous avons le sou­tien des ensei­gnants, des ATSEM, des ani­ma­teurs et même des élus, de tout bord. Il n’y a donc aucune récu­pé­ra­tion poli­tique dans notre mouvement.

La semaine de 4 jours ne fai­sait pas consen­sus, pour­quoi selon vous la réforme Peillon est-elle si mal accueillie ?

La pre­mière chose qu’il faut com­prendre, c’est qu’elle n’a pas été pen­sée avec la réa­lité du ter­rain. Rajouter ½ jour­née aux enfants et dire que le reste de la semaine est allégé, c’est faux. Les enfants qui vont au centre aéré le matin, à l’étude le soir, et au centre aéré le mer­credi après-midi sont en sur­charge de vie en col­lec­ti­vité. Et c’est ce qui les fatigue. Donc si vous pou­vez récu­pé­rer votre enfant de bonne heure, cela a du sens, mais la plu­part des enfants sont à l’école du matin au soir.

Une erreur est d’avoir voulu réfor­mer l’école mater­nelle et l’école élémen­taire en même temps. Le rythme d’un enfant de 3 ans n’est pas le même que celui d’un enfant de 10 ans. Or ils sont tenus d’avoir le même emploi du temps ! Aujourd’hui, sur les écoles mater­nelles, le taux d’absentéisme du mer­credi matin com­mence à être très important.

Vous deman­dez l’abrogation du décret sur la réforme des rythmes sco­laires. Que préconisez-vous pour le remplacer ?

Nous vou­lons l’arrêt du décret, mais nous vou­lons sur­tout par­ti­ci­per à la construc­tion d’une vraieréforme de l’école. Parce que cette réforme s’est faite sans concer­ta­tion. Et vous ne pou­vez pas impo­ser une réforme à un ensei­gnant ! C’est à eux d’abord qu’il faut deman­der ce dont ils ont besoin . La plu­part vous diront qu’à priori c’est limi­ter le nombre d’enfants par classe. Avec ça, déjà, vous amé­lio­rez la qua­lité de l’apprentissage, c’est sûr !

Ensuite, il y a les pro­grammes, ultra char­gés. Je sais que M Peillon tenait à les réfor­mer, mais il a repoussé cela à 2015. C’est pour­tant une prio­rité pour l’école.

Qu’attendez-vous de la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée ce 15 mars à Paris ?

Nous atten­dons beau­coup de monde ! Et nous atten­dons sur­tout d’être enten­dus, que ça abou­tisse au moins à une concer­ta­tion. Nous n’avons jamais eu de retour du ministre ou de son entou­rage suite à nos actions, le débat est tou­jours resté local.

Si ces attentes ne sont pas satis­faites, de nou­velles actions sont-elles à prévoir ?

Dans l’immédiat, pas for­cé­ment, mais comme nous sommes tou­jours en veille, quelque chose sera for­cé­ment remis en place der­rière ! Nous avons d’autres idées pour nous faire entendre. Et quand la réforme des rythmes sera appli­quée par­tout, en sep­tembre pro­chain, et que les com­munes ren­con­tre­rons les mêmes pro­blèmes que nous, tou­jours d’actualité, nous serons encore plus nombreux !

Que répondez-vous à Paul Raoult, pré­sident de la FCPE, pour qui vous uti­li­sez les dis­cours sur les rythmes à des fins politiciennes ?

Cela prouve que notre mou­ve­ment impres­sionne et fait peur ! Evidemment ces pro­pos sont faux. Nous reven­di­quons jus­te­ment de ne pas avoir de cou­leur poli­tique. Nous sommes libres de dire ce que nous pen­sons et la façon dont nous vou­lons faire les choses. Ce mon­sieur, lui, est entravé dans ses pro­pos. Il prend parti, au détri­ment de la conscience, de la res­pon­sa­bi­lité, du bon sens ! Ce n’est pas parce que l’on ne par­tage pas les mêmes idées que nous sommes de l’opposition ou que nous sommes des extrémistes !

C’est bien sûr l’intérêt des enfants qui nous inté­resse. La façon dont les Gilets Jaunes ont été mis en place prouve bien cela. Nous sommes des parents impli­qués dans l’école, qui ont l’espoir de se dire qu’ils vont pou­voir agir.

Propos recueillis par Elsa Doladille

Partagez l'article

2 commentaires sur "Gilets Jaunes : « quand la réforme sera appliquée partout, nous serons encore plus nombreux ! »"

  1. ROGER MINISINI  31 octobre 2018 à 20 h 03 min

    solidaire en tous pointsSignaler un abus

    Répondre
  2. Jo  25 novembre 2018 à 16 h 14 min

    Tout le monde ne peut pas se déplacer. Demander aux gens d accrocher un gilet jaune à leur balcon….Signaler un abus

    Répondre

Laisser un commentaire à ROGER MINISINI Annuler

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.