Hackez votre thèse ! Découvrez l’Open science avec HackYourPhD

La communauté HackYourPhD ("hackez votre thèse") veut montrer qu'il est possible de faire de la recherche scientifique différemment, sans toujours passer par le système académique et les publications traditionnelles.

Célya Gruson Daniel - Hack your PHDCélya Gruson-Daniel cherche à développer l’accès gratuit à la science et à la recherche (Open science). Elle a présenté ce mercredi à l’Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes la communauté HackYourPhD (« Hackez votre thèse » en anglais), dont elle est co-fondatrice.

Hacker = bidouilleur

Elle précise tout d’abord qu’un hacker, ce n’est pas forcément quelqu’un qui exploite les failles des systèmes informatiques. Les hackers sont avant tout des « bidouilleurs », qui aiment comprendre comment les choses fonctionnent, en créer de nouvelles et partager leurs connaissances, « comme les radioamateurs » il y a quelques années.

Dans le monde entier, des « hackerspaces » ouvrent leurs portes aux curieux et aux porteurs de projets, parmi lesquels des universitaires. En banlieue parisienne, le doctorant en biologie synthétique Thomas Landrain a par exemple fondé le biohackerspace « La Paillasse », un laboratoire scientifique complet, ouvert à toutes les personnes souhaitant expérimenter et créer.

Travaux de recherche en accès libre

Comme lui, de plus en plus de chercheurs cherchent à s’affranchir du monde académique traditionnel tout en poursuivant leurs recherches. Certains se lancent dans des start-ups innovantes. D’autres souhaitent mener des projets à la fois plus personnels et collaboratifs, et partager leurs découvertes avec le grand public. « Le mouvement de l’Open science permet cette réappropriation collective des connaissances, et une restauration de l’éthique des chercheurs », observe Célya Gruson-Daniel.

L’un des obstacles à la généralisation de l’Open science reste la pression exercée sur les chercheurs pour publier régulièrement, et de préférence dans des revues prestigieuses comme Nature ou Science. Dans le monde anglo-saxon, l’évaluation des chercheurs est basée presque exclusivement sur ce critère : « le mot d’ordre est « publish or perish », publiez ou périssez ». Mais de plus en plus de chercheurs refusent aujourd’hui que les grands groupes de presse scientifique amassent des bénéfices considérables en publiant leurs recherches et en incitant les universités et laboratoires à s’abonner à leurs publications.

L’Open science consiste notamment à mettre les articles de recherche en accès libre et gratuit – ou au moins des versions préliminaires, afin d’en discuter avec d’autres spécialistes et les améliorer avant publication dans des revues.

Réseaux sociaux pour chercheurs

La science ouverte compte de plus en plus d’adeptes, mais n’a pas le même succès selon les disciplines. « En physique, en astrophysique ou en mathématiques, la collaboration et l’ouverture sont beaucoup plus naturelles qu’en sciences du vivant par exemple, où l’on vise souvent des dépôts de brevets et des applications pharmaceutiques », remarque Célya.

Pour les chercheurs intéressés, des réseaux sociaux spécialisés comme ResearchGate ou Academia (qui compte près de 8 millions de membres) mettent à disposition des scientifiques de nombreux outils pour se faire connaître, partager leurs travaux et mener des projets en commun. Plus ouvert au grand public, le site My Science Work est un agrégateur de publications en accès libre, avec une communauté formée de scientifiques, de journalistes et de citoyens curieux.

Guides pratiques sur l’Open science

La communauté HackYourPhD, en train de se constituer en association, a pour vocation de montrer qu’il existe aujourd’hui « des façons différentes de faire de la recherche », et s’apprête à éditer un certain nombre de contenus et de guides pour les chercheurs souhaitant en apprendre davantage sur l’Open science. Par ailleurs, la cité des Sciences de Paris accueillera dès mardi prochain HackYourPhD pour des rencontres mensuelles autour de la science ouverte.

Quant à Célya Gruyson-Daniel, elle songe à se lancer dans une thèse sur le sujet, à sa façon, en tirant profit de tous les outils du web 2.0 et des mouvements collaboratifs tel le crowdfunding (financement participatif). En juillet 2012, peu avant de créer HackYourPhD, elle prévenait déjà sur Facebook :

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