Des salariés tuteurs d’élèves : un tandem gagnant

Des salariés deviennent tuteurs de jeunes en difficulté : c’est le pari, réussi, des instituts Télémaque. Alors qu’un nouvel institut vient d’ouvrir ses portes, retour sur ce dispositif, créé en 2005, avec le soutien du ministère de l’Education nationale.

Lycéens

Lycéens © micromonkey – Fotolia.com

Le 6 février avait lieu la soirée d’inauguration du nouvel Institut Télémaque Rhône-Alpes.
Créés en 2005, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, les instituts Télémaque, déjà présents en Ile-de-France et dans le Nord, ont suivi depuis leur démarrage 500 jeunes.

En quoi consiste précisément cette initiative ? L’association Télémaque (qui fédère les instituts du même nom) a pour objectif d’aider les jeunes en difficulté à découvrir le monde professionnel, à enrichir leurs connaissances, et à les épauler pour construire leur parcours. Pour ce faire, elle propose de mettre en relation un jeune et un tuteur, salarié d’une entreprise. A ce jour, 90 établissements scolaires sont partenaires, et 26 entreprises.

Une sélection rigoureuse

« Les « filleuls » de l’Institut Télémaque sont sélectionnés par les établissements scolaires partenaires », le plus souvent « situés en zone d’éducation prioritaire. Le milieu social, les notes et la motivation sont déterminants pour intégrer le programme » peut-on lire ainsi dans un article du Figaro.

On peut lire également sur le site des instituts Télémaque, que deux types de jeunes sont suivis  : « des collégiens et lycéens issus d’établissements de l’éducation priotaire et des apprentis en formation professionnelle ». On note donc que le suivi peut se faire très en amont dès le collège.

Le suivi est très rigoureux : l’association indique ainsi qu’elle »reçoit les bulletins de notes et les évaluations de tous les filleuls et prête une attention particulière [aux] résultats de chacun ». Et « en fin d’année scolaire, le dossier de chaque jeune est réévalué » en fonction de ses résultats, pour savoir si oui ou non, son tutorat sera reconduit.

Un double turorat

Le jeune admis dans le programme est mis en relation avec un tuteur d’entreprise, qui s’engage à l’épauler et à le conseiller, et également avec un tuteur pédagogique, enseignant au sein de son établissement. Les deux tuteurs disposent par ailleurs d’un budget versé par les entreprises pour aider le filleul à suivre des cours de langue par exemple, ou à participer à des activités culturelles.

Le suivi du jeune par le tuteur en entreprise se fait généralement sur plusieurs années et bien souvent une véritable relation de confiance et d’amitié va se nouer.

Et les résultats ?

En 2013, 97% des bacheliers suivis ont obtenu le bac, dont 79% avec mention et 21% de mentions TB, indiquait Henri Lachmann, président de l’Institut Télémaque, dans une interview aux Echos, le 18/07/2013.

Il s’agit là d’un dispositif qui mérite vraiment d’être salué, même s’il ne concerne encore que trop peu d’élèves en difficulté. Mais qui en tous cas, permet de relancer l’ascenseur social.

L’ascenseur social précisément, les jeunes n’y croient plus. L’enquête intitulée « Génération quoi ? », menée auprès des 18-25 ans par France Télévision à l’automne dernier et qui vient juste d’être publiée, est révélatrice. On y lit ainsi que « les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %« .

« Non, à 61% ». Tout est dit.

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