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La formation est la principale demande des enseignants qui utilisent l'iPad.

A l’occasion de la Semaine de l’apprentissage mobile 2014 à l’Unesco, les chercheurs Aurélien Fievez et Thierry Karsenti de l’université de Montréal ont présenté leur étude sur l’utilisation de la tablette tactile dans des écoles francophones du Canada, de la France et de la Belgique(1). Cette étude s’est concentrée sur l’iPad d’Apple, qui représente 90% des tablettes utilisées dans les écoles.

Les enseignants des trois pays étudiés observent les mêmes avantages et sont généralement confrontés aux mêmes défis. Certaines petites différences s’expliquent par le contexte : si les enseignants québécois constatent une plus forte baisse de la concentration chez leurs élèves, par exemple, c’est parce que leurs élèves disposent presque tous d’une tablette personnelle en permanence, et ont donc plus de liberté pour installer des applications non pédagogiques. Si les enseignants belges ont davantage de difficultés à planifier des activités pédagogiques en rapport avec la tablette, cela vient d’une formation des enseignants globalement plus faible, comparé aux deux autres pays.

Difficultés à concevoir les cours, manque de formation

De façon générale, les enseignants interrogés estiment que la tablette simplifie l’accès à l’information, et que sa facilité d’utilisation et sa portabilité sont de gros atouts. Mais cela entraîne une modification de leurs pratiques : les enseignants doivent « remettre à jour leurs cours, chercher d’autres façons de faire cours » souligne Aurélien Fievez. Il constate que la mise en commun de ressources sur des plateformes dédiées se développe, après un début laborieux pendant lequel les enseignants n’osaient pas partager leurs séquences « par peur du ridicule ».

La conception des cours est le principal défi cité par les enseignants concernant leur pratique (pour 26% d’entre eux), suivi du manque de formation adaptée (22%). La gestion de classe est rendue plus complexe, et ils indiquent que le principal défi concernant leurs élèves se situe au niveau de la concentration (à 41%), suivi par l’utilisation de jeux et de réseaux sociaux (22%).

Phase de réflexion pédagogique

Toutefois, « les avantages sont supérieurs aux inconvénients« , affirme Aurélien Fievez. Les élèves sont davantage motivés, la collaboration se développe entre les élèves et avec l’enseignant, l’organisation du travail est facilité, la qualité des supports de cours et des présentations des élèves est accrue, les compétences informatiques s’acquièrent plus vite…

Après plus d’un an de découverte et d’appropriation de l’outil par les enseignants, le chercheur estime qu’il est temps d’entrer dans une « deuxième phase », celle d’une réflexion pédagogique approfondie, afin de ne pas se cantonner à un usage « uniquement technique d’un appareil qui est prévu pour aller bien plus loin qu’une simple utilisation magistrale ».

Aurélien Feviez et Thierry Karsenti recommandent en priorité d’améliorer la formation et le réseautage des enseignants, de développer de nouvelles pratiques pédagogiques, de responsabiliser les élèves, et de les amener à lire plus de livres sur l’iPad.