Des Jeux olympiques au détriment de l'écologie ? REUTERS/ALEXANDER DEMIANCHUK

Des Jeux olympiques au détriment de l'écologie ? (Reuters/Alexander Demianchuk)

Transformer une petite station balnéaire, implantée au sein d’un parc naturel, en site d’accueil pour les Jeux d’hiver a un fort impact sur l’environnement. En effet, dans la vallée caucasienne de Krasnaya Polyana, la route et la ligne ferroviaire construites pour l’occasion ont nécessité l’abattage de milliers d’arbres, et la destruction de forêts entières. La rivière Mzymta, qui coule dans la vallée, a été polluée par les déchets du chantier et ses espèces de poissons durablement dérangées dans leur reproduction. De plus, la toute nouvelle station de ski de Rosa Khutor, avec ses boutiques de luxe et ses hôtels, a nécessité la coupe de nombreux arbres et le bétonnage des berges de la rivière. Alors que Sotchi (400.000 habitants, un million de visiteurs par an) était auparavant un véritable poumon dans la région, toutes ces infrastructures construites en un temps record ont conduit inévitablement au morcellement des espaces naturels et des habitats de nombreuses espèces. En effet, les environnementalistes soulignent que le stade olympique et les arénas ont été érigés sur des terres humides, refuges de 65 espèces d’oiseaux migrateurs.

Un écologiste condamné

Face à ces constatations, les militants écologistes se battent depuis des mois, avec plus d’échecs que de victoires. « Le gouvernement nous prend pour des extrémistes et tente de nous discréditer », affirme Vladimir Kimaev, militant écologiste et opposant municipal à Sotchi. Le 20 décembre, la justice a condamné Evgueni Vitichko, membre de l’association régionale de défense de l’environnement du Caucase du nord, à trois ans de camp. Il est accusé d’avoir dégradé une clôture autour de la résidence du gouverneur de la région. Curieusement, il s’apprêtait à publier un rapport accablant sur l’aspect écologique des Jeux olympiques de Sotchi.