Chine : la féminisation de l’enseignement jugée dangereuse pour les écoliers

Les autorités de Nankin s'alarment de la féminisation du métier de prof des écoles, qui mettrait en péril la virilité des écoliers chinois.

© bourbon numérik / Fotolia.

Les femmes profs, mauvaises pour la construction de l’identité des jeunes garçons ? C’est ce qu’affirment clairement les autorités éducatives de la ville chinoise de Nankin, qui s’inquiètent de la féminisation du métier d’enseignant du primaire. Dans la ville, on compte moins de 20 % d’enseignants masculins pour le premier degré, et moins de 40 % pour le second.

« Les écoles primaires sont beaucoup trop féminisées »

« Si un écolier n’est confronté qu’à des profs femmes durant toute sa petite enfance, […] il peut manquer d’un modèle masculin et cela peut être préjudiciable à un développement équilibré », d’après les autorités de Nankin. Ainsi, poursuivent-elles, les écoliers ont tendance à adopter un comportement de « Wei niang », un terme péjoratif désignant un garçon travesti. Quant aux écolières, elles peuvent développer une attitude de « Nv han zi », ou garçon manqué.

Un point de vue partagé par le responsable éducatif Dong Jinyu, chef de la direction du Chinese Bridge Education Group, cité par le South Morning Post China. « On enseigne aux garçons à penser selon une perspective féminine parce que les écoles primaires sont beaucoup trop féminisées. Mais on fera porter beaucoup plus de responsabilités aux hommes qu’aux femmes dans notre société », estime-t-il.

Un lycée ouvre des classes réservées aux garçons

Courrier International signale qu’en réponse à cela, le lycée n°8 de Shanghai a ouvert l’année dernière 4 classes pilotes, réservées aux garçons. Ils y suivent des cours « de survie », apprennent des sports de combat comme la boxe, et participent durant l’été à un camp militaire.

Mais selon le French People Daily, ces classes masculines ont une toute autre origine : elles ont été ouvertes « pour tenter de répondre à la tendance des garçons d’être surclassés et éclipsés par les filles à l’école ». Certains garçons se sentant, selon un parent cité dans l’article, inférieurs « parce que les filles sont plus performantes dans les études ».

Une solution qui peut sembler drastique, en pleine polémique française sur l’enseignement d’une supposée « théorie du genre » à l’école.

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.