Gisèle Bedan surveillante pionne ministre

photo AFP / Pierre Andrieu

Gisèle Bedan, encore récemment assistante d’éducation au lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie, a accédé à de plus hautes responsabilités à la faveur de la transition politique en Centrafrique : elle est devenue ministre de l’Éducation nationale dans son pays natal.

Nommée par e-mail

C’est la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza, élue le 21 janvier, qui lui a proposé le portefeuille par email. Une surprise totale : « Je n’avais rien demandé, mais c’est peut-être le bon moment d’apporter ma pierre à l’édifice », a déclaré Gisèle Bedan à l’AFP.

Née à Bangui d’une mère enseignante et d’un père diplomate, Gisèle Bedan n’a jamais coupé les liens avec son pays natal, et s’est toujours impliquée dans le domaine de l’éducation. Elle a fondé en 1996 un établissement scolaire privé « à moindre coût » accueillant 980 élèves dans la capitale centrafricaine, qu’elle dirige toujours. « J’ai osé cet établissement et j’ai tenu bon, cela n’a pas été facile. »

« Aide des élèves en manque de repères, c’était un défi »

Contrainte de prolonger son séjour en France lorsque la situation du pays a dégénéré l’an dernier, Gisèle Bedan a commencé à chercher un travail dans l’éducation, pour ne pas attendre « sans bouger ». Elle a essuyé beaucoup de refus, jusqu’à ce que la proviseure d’un lycée de Mantes-la-Jolie tombe sur son CV et lui propose un poste d’assistante pédagogique, et de gestion de la maison des lycéens. « Aider des élèves en manque de repères, leur apprendre le respect et lever les a priori, c’était un défi pour moi », assure l’ex-assistante d’éducation, qui voulait « changer le regard des jeunes sur eux-mêmes et leur établissement ».

« Sa nomination comme ministre, je ne suis pas étonnée ! C’est une grande dame, avec une grande classe, qui voit grand pour nos jeunes ! » a commenté Meryem Karbiche, proviseure du lycée professionnel Jean-Rostand. La ministre nouvellement nommée n’a pas encore de programme, mais ses ambitions sont claires : « il faut que la paix et la sécurité reviennent, pour que les enfants reprennent le chemin de l’école« .