L’Unesco publie ce mercredi le rapport mondial de suivi de son plan Education pour tous 2013/2014.

« Choisir des incitations susceptibles de retenir les meilleurs enseignants »

« Ce sont les enseignants qui font la qualité d’un système éducatif« , estime l’organisation, qui présente quatre stratégies « que les gouvernements doivent adopter pour attirer et retenir les meilleurs enseignants, améliorer leur formation, les déployer de façon plus équitable et les encourager par des salaires adéquats et des plans de carrière attractifs ».

L’Unesco préconise notamment de « choisir des incitations susceptibles de retenir les meilleurs enseignants« . « Le salaire n’est que l’un des nombreux facteurs de motivation des enseignants, mais c’est l’un des premiers à prendre en considération pour attirer et retenir les meilleurs éléments », estime l’organisation. Et « les niveaux de salaire des enseignants pèsent sur la qualité de l’éducation », affirme-t-elle, soulignant que dans 39 pays, augmenter les salaires des enseignants de 15 % a conduit a une hausse de 6 à 8 % des performances des élèves.

L’Unesco évoque également « la rémunération des enseignants à la performance des élèves ». Si elle peut s’avérer séduisante, cette approche peut aussi « s’accompagner d’effets secondaires indésirables sur l’enseignement et l’apprentissage » (au Portugal, elle a placé les enseignants dans une situation de compétition « qui peut être préjudiciable pour les élèves les plus faibles »).

« Disposer d’enseignants là où ils sont le plus nécessaires »

Seconde stratégie prônée par l’Unesco, « disposer d’enseignants là où ils sont le plus nécessaires », c’est-à-dire dans les zones défavorisées. L’organisation cite l’exemple de la République de Corée, où « les enseignants affectés dans les écoles défavorisées bénéficient d’incitations telles qu’une indemnité supplémentaire, des classes et un temps d’enseignement réduits, la possibilité de choisir leur prochaine affectation après avoir enseigné en zone difficile et de meilleures perspectives d’évolution de carrière« . Et cette stratégie semble porter ses fruits : « les élèves obtiennent des résultats meilleurs et plus équitables ».

« Attirer les meilleurs enseignants »

Pour l’organisation, revaloriser le statut des enseignants permet aussi d’attirer les meilleurs candidats à l’enseignement. En effet, elle note que dans certains pays, enseigner est perçu « comme un emploi de second ordre destiné à ceux qui n’ont pas assez bien réussi leurs études pour embrasser des carrières plus prestigieuses ». Et l’organisation estime que relever le niveau de compétences exigé contribue à cette revalorisation. « Le niveau de qualification demandé pour entrer dans l’enseignement est un indicateur du statut professionnel du secteur », explique-t-elle.

Autre recommandation de l’Unesco pour une éducation « de bonne qualité et inclusive », « s’assurer qu’il y a suffisamment de femmes parmi les enseignants et que ces derniers sont d’origines très diversifiées ».

Améliorer la formation des enseignants pour que tous les enfants puissent apprendre »

Enfin, l’organisation souligne les faiblesses de la formation des enseignants dans les zones les plus défavorisées, y compris de la formation continue.

L’Unesco insiste d’ailleurs sur l’importance d’une formation aux stéréotypes du genre. « En Turquie, un stage initial d’un trimestre portant sur l’égalité entre les sexes a profondément modifié les attitudes des enseignantes et leur prise de conscience de ces problèmes », note-t-elle.

« Aucun des objectifs » ne sera atteint en 2015

L’organisation dresse en effet un constat peu réjouissant : « à moins de deux ans de l’échéance de 2015, il semble évident qu'[…]aucun des objectifs de l’Éducation pour tous ne sera atteint à l’échelle mondiale ». 250 millions d’enfants dans le monde n’acquièrent pas les connaissances de base, et « les populations défavorisées pâtissent généralement plus que les autres de la pénurie d’enseignants qualifiés, de la surcharge des infrastructures et du manque de matériels ». 129 milliards de dollars sont ainsi perdus dans une éducation de mauvaise qualité dans le monde.

Mais les pays à revenus élevés, où « les systèmes éducatifs ne parviennent pas à répondre aux besoins de minorités importantes », ne sont pas épargnés. La France est d’ailleurs pointée du doigt, puisque selon le rapport, « moins de 60% des immigrés ont atteint le niveau minimum en lecture » dans le pays.