Vincent Peillon, chargé de l'éducation auprès de François Hollande (©José Lavezzi)

Vincent Peillon (photo ©José Lavezzi)

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon présentait ce matin, lors d’une conférence de presse, son plan de refondation de l’éducation prioritaire. Amélioration de l’accompagnement des élèves, mesures de soutien pour les enseignants et augmentation des moyens étaient au programme.

« Accompagner les élèves dans leur apprentissage et la construction de leur parcours scolaire »

Si 79 % des élèves maîtrisent les compétences de base en fin de 3e, ils ne sont que 42 % dans les établissements les plus difficiles du réseau d’éducation prioritaire, soit 37 % d’écart, a déploré Vincent Peillon. Afin de réduire les inégalités, le ministre entend améliorer l’accompagnement des élèves de ZEP, notamment en 6e, où l’emploi du temps sera adapté pour une prise en charge jusqu’à 16h30. Les enfants pourront bénéficier « d’aide aux devoirs, d’un soutien méthodologique ou d’un tutorat » pendant les heures libres entre les cours. Ces mesures seront d’abord appliquées dans les établissements les plus difficiles, puis étendues progressivement à l’ensemble du réseau.

Le ministre a également évoqué le déploiement d’internats à proximité des zones d’éducation prioritaire, afin d’offrir aux élèves de ces établissements un environnement propice au travail.

« Des équipes éducatives formées, stables et soutenues »

Du temps sera libéré dans les obligations horaires des enseignants pour le travail en équipe, le suivi des élèves, et la formation, a indiqué le ministre. Avec la pondération à 1,1, prévue dans les collèges les plus difficiles du réseau, le service passera ainsi à 16,5 h hebdomadaires environ pour un certifié. Pour les enseignants de primaire, 9 jours annuels seront dégagés sur le temps de travail dans les écoles les plus en difficulté.

Soulignant qu’il s’agit d’une demande prioritaire des enseignants, Vincent Peillon a promis de développer la formation continue. Les profs des établissements les plus difficiles auront ainsi trois jours de formation spécifiques annuels. Dans tous les établissements de ZEP, des équipes de formateurs, partiellement déchargés, viendront conseiller et soutenir les enseignants sur le terrain.

En outre, un système de tutorat sera mis en place, dans tous les établissements, pour les enseignants nouvellement arrivés.

Le ministre a également annoncé la revalorisation de 50 % de la prime de 1156 € versée à tous les enseignants exerçant en ZEP, dès 2015. Dans les 350 établissements les plus difficiles du réseau, cette prime sera doublée.

« Un cadre propice aux apprentissages »

La ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, venue présenter le plan de refondation aux côtés de Vincent Peillon, a quant à elle souligné la nécessité de rétablir la relation entre les parents et le système scolaire, souvent dégradée dans les quartiers les plus difficiles. Elle a ainsi annoncé l’aménagement dans les établissement d’un temps d’accueil consacré aux familles, chaque matin.

Ces mesures seront préfigurées à la rentrée 2014 sur une centaine d’établissements parmi les plus difficiles, avant d’être déployés en 2015 sur l’ensemble du réseau, a précisé Vincent Peillon. Ces 100 établissements seront choisis après concertation avec les recteurs.

Une réaffectation des moyens

Selon Vincent Peillon, 300 à 400 millions d’euros seraient dédiés à la refondation de l’éducation prioritaire. Mais, selon le ministre, il s’agirait simplement d’une « réaffectation » des moyens déjà programmés dans le budget de l’Education nationale, la refondation devant se faire à moyens constants.

Quant au périmètre global du réseau d’éducation prioritaire, il ne devrait pas beaucoup évoluer, a indiqué Vincent Peillon. Le « noyau dur » des 350 établissements les plus difficiles sera désormais classé « REP+ ». Le ministre a tout de même admis que 5 à 10 % des établissements pourraient sortir du réseau prioritaire. Mais la prime serait maintenue pour les enseignants de ces établissements, plusieurs années après leur sortie du réseau, a-t-il précisé.