Vincent Peillon, chargé de l'éducation auprès de François Hollande (©José Lavezzi)

Vincent Peillon (photo ©José Lavezzi)

Après une période d’accalmie, les débats sur la réforme des rythmes scolaires semblent reprendre. Ce mercredi encore, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Education Vincent Peillon a été vivement interpellé par la députée UMP Isabelle le Callennec. Elle lui reprochait d’être « sourd aux difficultés réelles et multiples rencontrées sur le terrain dans la mise en oeuvre des rythmes scolaires« , citant notamment le coût élevé de la réforme pour les communes et les parents. Des arguments qualifiés de « contre-vérités » par Vincent Peillon.

Un discours déjà bien éprouvé, puisque le ministre de l’Education s’attache à contrer tous les arguments défavorables à sa réforme des rythmes depuis la publication du décret. Il avait même publié, en octobre dernier, un article sur le site du PS balayant les critiques de l’opposition point par point.

Une réforme souhaitée par la droite

Vincent Peillon rappelait en particulier que le retour à la semaine de 4,5 jours était souhaité par la droite. Et en effet, l’ancien ministre Xavier Darcos avait défendu la réforme Peillon, en octobre dernier.

Quant à Luc Chatel, il avait lui-même envisagé une réforme des rythmes et mobilisé un comité de pilotage pour travailler sur l’organisation des temps éducatifs. Mais si pour l’ancien ministre la réforme de Vincent Peillon est « bonne », il souligne qu’elle est « mal pilotée ».

Une réforme mal financée ?

Vincent Peillon démontait également l’argument, avancé par l’opposition, selon lequel « la réforme n’est pas financée », et créé « des inégalités entre les communes ».  « Le gouvernement a décidé la mise en place d’un fonds exceptionnel pour la mise en place et le renforcement des activités périscolaires », indiquait-il, précisant que « toutes les communes ayant décidé de mettre en œuvre les nouveaux rythmes scolaires se voient allouer une dotation forfaitaire de 50 euros par élève, avec une dotation supplémentaire de 40 euros pour les plus en difficultés », plus une participation de la CAF « d’une moyenne de 130 euros par enfant ».

Le coût de la réforme des rythmes scolaires est l’une des critiques les plus récurrentes. Le maire UMP d’Elancourt, Jean-Michel Fourgous, par exemple, a estimé il y a quelques mois que celle-ci coûtait « jusqu’à 500 euros par enfant, alors que l’Etat n’en donne que 100« . Et selon une enquête citée par Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France en novembre, « 77 % des communes ont eu des difficultés à financer la réforme des rythmes scolaires, parmi lesquelles 17 % n’y sont parvenues que très difficilement ».

Une réforme mal préparée ?

Enfin, Vincent Peillon démentait le fait que la réforme était mal préparée, autre critique souvent formulée contre la mesure. « La réforme des rythmes scolaire a été préparée en concertation avec les professionnels de l’éducation et les collectivités territoriales », avançait-il notamment.

Pourtant, il a parfois été reproché au ministre de l’Education d’avoir imposé sa réforme dans la précipitation, sans consulter les professionnels de terrain. Beaucoup d’enseignants se sont dits incompris. Vincent Peillon a d’ailleurs été confronté à d’importants mouvements de grève contre la réforme des rythmes scolaires au début de l’année.

L’opposition ne compte manifestement pas en rester là sur la question. La mission commune d’information les rythmes, créée à la demande de sénateurs UMP en octobre dernier pour « étudier la mise en oeuvre de la réforme », auditionnait hier des représentants des syndicats d’enseignants et de parents d’élèves.