La « féminisation massive » du métier d’enseignant a contribué à la déconsidération des professeurs en France, selon Antoine Compagnon, enseignant de littérature française au Collège de France.

Antoine Compagnon estime en effet dans Le Figaro que la déconsidération est avant tout « liée au déclassement social des professeurs, lui-même lié à la massification de l’enseignement ». Les métiers de l’enseignement étaient autrefois « des métiers de promotion sociale« , ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, explique-t-il.

Et pour Antoine Compagnon, « la féminisation massive » du métier de professeur « a achevé de le déclasser ». Car « un métier ­féminin reste encore souvent un emploi d’appoint dans un couple ». Les raisons qui poussent les femmes à se tourner vers l’enseignement, pour le professeur de littérature ? « La souplesse de l’emploi du temps et des nombreuses vacances qui leur permettent de bien s’occuper de leurs enfants » !

Du coup, Antoine Compagnon ne s’étonne pas des multiples témoignages d’incivilités ou de manque de respect entre élèves et professeurs. « Ces incidents reflètent ce que pensent les parents et l’ensemble de la société des enseignants ».

Enfin, le professeur s’attaque aux décrets de 1950 définissant le statut des enseignants. Estimant que « la prise en compte des seules heures de cours […] en guise de ‘temps de service‘ n’a pas de sens », il préconise « plus de présence dans les établissements et les bureaux ». Il propose aussi que les profs de collège enseignent plusieurs matières. « Qu’y a-t-il de dégradant pour un professeur de français d’enseigner aussi l’histoire? Il y a trop d’enseignants différents au collège, c’est déstabilisant pour d’aussi jeunes élèves ! » juge-t-il.