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Voilà une étude qui devrait plaire aux gamers du monde entier. D’après les conclusions d’une équipe de scientifiques allemands, publiées en octobre dans la revue Molecular Psychiatry, les jeux vidéo pourraient augmenter le volume de matière grise du cerveau si l’on y joue régulièrement.

30 minutes par jour de Super Mario 64

Pour en arriver à ces résultats, des chercheurs de l’Institut Max Planck et de l’université de médecine St. Hedwig-Krankenhaus, ont étudié 23 personnes ayant joué à Super Mario 64, un jeu phare de Nintendo, durant 30 minutes par jour pendant 2 mois. En comparant, par IRM, l’évolution des cerveaux de cet échantillon avec celle de personnes n’ayant pas joué à Super Mario, les scientifiques ont décelé une croissance du volume de matière grise chez les joueurs, alors qu’aucun changement ne s’était produit chez les autres.

Ce développement de matière grise était particulièrement important dans les zones du cervelet, de l’hippocampe droit et du cortex préfrontal droit, liées à la formation de la mémoire, la motricité des mains, le déplacement dans l’espace et la réflexion stratégique. Et plus les participants prenaient de plaisir à jouer, plus l’augmentation de matière grise était significative, selon les scientifiques.

Les jeux vidéo pour guérir les défaillances du cerveau ?

Alors, cette étude contribuera-t-elle à casser les préjugés sur les jeux vidéo ? Mieux, selon Simone Kühn, en charge de l’étude, elle « met en évidence le lien direct entre le jeu et l’augmentation de volume du cerveau » et « prouve que certaines zones cérébrales peuvent être entraînées grâce aux jeux vidéo« .

« Les jeux vidéo sont une activité très pénétrante, fournissant une multitude de demandes moteur et cognitives complexes. Jouer à un jeu vidéo peut être vu comme un entraînement intense à de nombreuses tâches », expliquent en effet les chercheurs. De là à considérer les jeux comme moyen thérapeutique pour traiter certaines pathologies du cerveau, il n’y a qu’un pas. Et comme le souligne Jürgen Gallinat, psychiatre et co-auteur de l’étude, « de nombreux patients acceptent plus volontiers les jeux vidéo que d’autres interventions médicales ».

Attention toutefois à ne pas en abuser : selon une autre étude menée par des scientifiques sud-coréens, à haute dose, les jeux vidéo entraîneraient l’effet inverse. D’après le médecin Byun Gi-won, doc­teur au Balance Brain Centre de Séoul, « l’usage abu­sif des smart­phones et des consoles de jeux entrave le déve­lop­pe­ment équi­li­bré du cer­veau ».