« Ségrégation professionnelle » : l’éducation joue un rôle clé

Selon une enquête du ministère du Travail publiée vendredi 13 décembre, la "ségrégation professionnelle" en France persiste. Analyse.

Métiers © Kurhan - Fotolia.com

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La »ségrégation professionnelle« , bien qu’en baisse depuis 30 ans, existe toujours. D’après une étude réalisée par le ministère du Travail, il faudrait qu’au minimum 52% des femmes ou des hommes changent d’activité pour que les métiers soient répartis équitablement entre les sexes, selon des données de 2011.

L’étude note que près de la moitié des femmes se concentrent dans des métiers comme infirmière (87,7%), aide à domicile ou encore assistante maternelle (97,7%) alors que chez les hommes la répartition est un peu plus dispersée. Mais on constate malgré tout une évolution : certains métiers « masculins » sont devenus mixtes, notamment chez les cadres (dans la finance, la fonction publique ou la banque). Mais en contrepartie, certains métiers considérés comme mixtes sont aussi devenus masculins, par exemple celui d’agriculteur .

60% de la ségrégation pourrait être attribuée à une « ségrégation éducative »

L’étude observe que près de 60% de la ségrégation pourrait être attribuée à une « ségrégation éducative ». En effet, avec un même niveau de formation, les hommes s’inséreront mieux car ils ont tendance à choisir des spécialités plus porteuses conduisant à une meilleure entrée professionnelle (sciences, production…). Les femmes, quant à elles, s’orientent vers les filières littéraires et médico-sociales. Le niveau d’étude constitue un second facteur ayant un impact sur la ségrégation. En effet, il peut soit augmenter la mixité pour ceux qui détiennent un haut diplôme soit, à l’inverse, renforcer la ségrégation chez les non diplômés. Ainsi l’on se rend compte que la « ségrégation professionnelle » découle de la « ségrégation éducative ».

Les maths pour les hommes, les lettres pour les femmes

Les filles, majoritaires dans les baccalauréats généraux, à égalité avec les garçons dans les bacs technologiques, sont minoritaires dans les bacs pro. Bien meilleures en français mais moins bonnes en maths que les garçons, elles s’orientent essentiellement vers la série littéraire (80%). Et lorsqu’il s’agit d’étudier les maths, les filles n’hésitent pas à fuir : 92% de filles sont en ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) alors que 90% de garçons se trouvent en STI (sciences et technologies industrielles). Une préférence qui est apparue très tôt : dès le début de CE2, les filles ont des meilleurs résultats en français que les garçons, alors que ces derniers ont en moyenne des notes supérieures de deux points en maths. Enfin, bien que les filles soient meilleures dans le primaire et le secondaire (85% des filles contre 80% des garçons obtiennent un diplôme), les garçons rééquilibrent l’écart dans les études supérieures.

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