Fatigue hivernale : les enseignants particulièrement touchés

En hiver, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer une plus grande fatigue. Faut-il s’en inquiéter ? Entretien avec le Dr Jean Lafortune, médecin généraliste à Paris (12e), auteur de plusieurs publications sur la fatigue.

Dr Jean Lafortune

Dr Jean Lafortune, spécialiste de la fatigue

Faut-il se préoccuper de la « fatigue hivernale » et les enseignants y sont-ils particulièrement exposés ?

Davantage de gens se sentent fatigués en hiver. C’est logique car nous vivons plus enfermés que l’été, les nuits sont plus longues et par conséquent nous sommes moins exposés à la lumière du jour… Il faut toutefois distinguer plusieurs types de fatigue. Il y a d’abord la fatigue naturelle : lorsque l’on marche ou que l’on pratique un sport, il est normal ensuite d’éprouver le besoin de se reposer pour récupérer. A côté de cela, il y a la fatigue anormale. Son origine peut être organique, signe d’une autre maladie, ou bien fonctionnelle, c’est-à-dire d’ordre psychologique. Les enseignants, comme les professions intellectuelles en général, sont plus exposés à une fatigue non équilibrée, entre la fatigue intellectuelle et physique. Par ailleurs, le fait d’exercer dans un lieu confiné, en l’occurrence la salle de classe, avec des élèves jeunes et donc plus souvent malades, expose aux pathologies infectieuses virales saisonnières qui peuvent fatiguer.

Comment retrouver du tonus pendant les vacances de Noël ? Quels conseils donneriez-vous aux enseignants ?

Pendant les congés, la première chose est de ne pas rester inactif et d’avoir une activité physique à même de provoquer une fatigue harmonieuse. Et bien sûr, il faut sortir pour essayer le plus possible de s’exposer à la lumière naturelle car il est prouvé qu’elle influence notre horloge biologique. Sur le plan alimentaire, je conseille de supprimer tous les excitants : café, thé, alcool, tabac… Autant de substances qui, en dépit d’un premier effet revigorant, renforceront au bout du compte la fatigue. Tout est évidemment question de proportions : une tasse de café n’est pas un problème, dix par jour en revanche c’est déstructurant comme tous les abus. Bien sûr, il convient aussi d’avoir une alimentation  équilibrée, riche en fruits et légumes de saison. Des aliments trop gras ou trop riches seront générateurs de fatigue car ils augmenteront les efforts de l’organisme au moment de la digestion et peuvent perturber le sommeil.

Quelles peuvent être les conséquences d’un manque de sommeil ?

La première conséquence, c’est une gêne : c’est désagréable, on ne se sent pas en forme. Le manque de sommeil favorise aussi la somnolence dans la journée, la difficulté de concentration et l’irritabilité. Cela peut aussi avoir un effet négatif sur la mémoire qui se fixe pendant la durée du sommeil. Et, dans le pire des cas, cela peut aussi entraîner des « coups de blues », jusqu’à une dépression.

A quel moment faut-il consulter ? Quels types de traitements existent contre la fatigue hivernale ?

Il faut consulter dès lors que la fatigue persiste dans le temps et dans la journée, surtout si elle s’accompagne d’une perte de poids, d’un essoufflement ou d’autres symptômes inhabituels. Le rôle du médecin sera de déterminer l’origine de la fatigue, de vérifier qu’elle n’est pas liée à des problèmes d’anémie, de dysfonctionnement de la thyroïde, voire de maladies plus graves. Le seul traitement efficace, c’est celui qui agit sur la cause et, bien souvent, le mode de vie est à regarder de près. Les vitamines complémentaires ne sont pas la solution. Les fruits et légumes en contiennent suffisamment, par contre une majorité de Français sont carencés en vitamine D et il peut être conseillé de prendre une ampoule de vitamine D au début de l’hiver. Ensuite, les autres médicaments peuvent être assimilés à du dopage : c’est interdit dans le sport et je ne crois pas que ce soit bien adapté à la vie de tous les jours. J’ajoute qu’il y a toujours un revers de la médaille à la prise de médicaments « anti fatigue » vraiment efficaces, il faut toujours tenir compte du rapport bénéfice/risque.

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