Décharges et indemnités en hausse : premières évolutions des métiers de l’éducation

Vincent Peillon a lancé fin novembre 13 chantiers sur l'évolution des différents métiers de l'Education nationale. Les premières mesures visent en particulier l'éducation prioritaire et les directeurs d'école.

Vincent Peillon évolution métiers éducation nationaleLes directeurs d’école et les enseignants de l’éducation prioritaire sont les premiers concernés par les annonces de Vincent Peillon de ce jeudi matin, à la suite de la clôture de certains chantiers sur l’évolution des métiers de l’éducation.

15.000 aides administratives

Le ministre de l’Education nationale augmente notamment les temps de décharge et le montant de l’indemnité pour les directeurs d’écoles primaire, avec une montée en puissance sur 3 ans. Pour les écoles de 4 classes ou moins, les directeurs bénéficieront par exemple de 4 jours de décharge de rentrée dès 2014 (contre 2 jours actuellement), et de 10 jours à partir de 2015. Pour les écoles de 4 à 9 classes, le directeur bénéficiera à la rentrée 2015 d’un tiers de décharge, au lieu d’un quart de décharge aujourd’hui. Du temps libéré pour « travailler différemment » et mieux « animer son équipe, recevoir les parents, travailler avec les collectivités ».

La part complémentaire de l’indemnité de sujétion spéciale (ISS) des directeurs passera dans le même temps de 300 à 500 euros (dans les écoles d’une à trois classes), de 300 à 600 euros (quatre classes) ou de 600 à 700 euros (cinq à neuf classes), soit une « homogénéisation par le haut », souligne Vincent Peillon. Pas moins de « 15.000 emplois aidés d’assistance administrative » seront par ailleurs affectés à leur soutien.

Décharges horaires en éducation prioritaire

Pour l’éducation prioritaire, le ministre de l’Education nationale a « acté » le principe d’une pondération du temps de service de 1,1 (1h en classe sera considérée comme 1,1h, soit une décharge d’1h30 à 2h par semaine dans le secondaire). Les enseignants en zone d’éducation prioritaire bénéficiaient déjà d’une indemnité, mais d’aucune décharge horaire. Cette mesure mise en place dans « 100 réseaux » d’éducation prioritaire « les plus en difficulté » dès la rentrée 2014, sera progressivement étendue à quelque 300 réseaux.

Concernant la formation des enseignants, le ministre crée un nouveau « corps de professeurs formateurs académiques pour le secondaire », équivalant à ce qui existait déjà pour le primaire, avec une indemnité spécifique et une décharge de 3 à 9 heures hebdomadaires. Ces formateurs auront pour tâches principales l' »accompagnement des enseignants, la coordination du travail des tuteurs et (…) la formation dans les ESPE ». Le statut et les missions des conseillers pédagogiques, qui interviennent également dans la formation des enseignants, ont été précisés, et leur indemnité augmenté de 66% pour atteindre 2500 euros.

Les discussions sur le métier d’enseignant se poursuivent

La discussion sur les RASED a également été clôturée par le ministre. « Nous avons redéfini le périmètre de leur intervention », explique Vincent Peillon, qui promet de rétablir les postes supprimés, de remettre en place une formation et de « créer progressivement de nouveaux postes » pour ces enseignants spécialistes des élèves en difficulté scolaire.

Faute d’accord avec les organisations représentatives du personnel, les groupes de travail formés en novembre dernier sur les professeurs des écoles et les enseignants du second degré (parmi lesquels les professeurs de prépa) vont poursuivre leurs travaux au cours des semaines à venir.

Sept nouveaux groupes de travail se réuniront entre janvier et février 2014 pour discuter de l’évolution des fonctions de conseillers principaux d’éducation, chefs de travaux, personnels de direction, personnels d’inspection, personnels administratifs, personnels sociaux et de santé, et contractuels.

3 commentaires sur "Décharges et indemnités en hausse : premières évolutions des métiers de l’éducation"

  1. Marco  13 décembre 2013 à 21 h 00 min

    Pas d’accord avec les primes pour le travail supposé excessif des directeurs (trices) d’école primaire. Perso, je n’en ai jamais vu aucun travailler après la classe, ni avant, ni le mercredi, le week-end ou pendant les vacances dans les nombreuses écoles que j’ai fréquentées pendant ma carrière. Quant à « l’animation des équipes pédagogiques », ça me laisse pantois. Tout le monde se « tape » des réunions à tour de bras. Comme l’affirmation selon laquelle « ils reçoivent les parents ». Ceux qui reçoivent les parents, ce sont les enseignants. Pas les dirlos, à part pour les inscriptions ou les élections de parents d’élèves peut-être. D’ailleurs, les écoles qui offrent une décharge de direction sont très prisées. Encore une réforme destinée à ceux qui travaillent en région parisienne sans doute.Signaler un abus

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  2. Véronique  12 novembre 2014 à 16 h 40 min

    A Marco, et à tous les autres qui pensent pareil ! J’ai essayé d’expliquer mes tâches quotidiennes succinctement mais en 3000 caractères manifestement on ne peut pas!
    Je suis directrice depuis 25 ans et j’ai été indignée à la lecture de votre contribution. Et ce bien qu’on ne sache même pas en quelle qualité vous critiquez… Parent ? Enseignant ? Instituteur ou professeur ?
    Je fais 45 à 50 heures par semaine, les semaines où il n’y a rien de particulier. Et je ne suis pas seule, quand je suis à l’école à 19 h je peux toujours joindre mes collègues directeurs sur les fixes de leurs écoles!
    Mes indemnités de fonction sont actuellement de 166 € 30 par mois. Ah non j’oubliais cela fait deux mois consécutifs que je ne perçois pas mon indemnité sans autre explication ! Et ce n’est pas la première fois !
    Pour info, sachez que les 20 premières années où j’ai exercé cette fonction l’indemnité était de 200 FRANCS ( oui 32 euros quand on a changé de monnaie) ; je peux montrer mes fiches de paie.

    Je vous fais une proposition en partant du principe que vous êtes enseignant, car bien entendu, QUAND ON NE CONNAIT PAS DE SOURCE SURE on ne critique pas… puisque le poste est si enviable à vos yeux, demandez donc une direction au prochain mouvement et nous en reparlerons après une année d’exercice ?

    Une directrice comme tant d’autres…Signaler un abus

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  3. DEZERT  10 mai 2015 à 12 h 48 min

    Comment peut-on faire de tels commentaires M Marco!!!! Lamentable et on se demande pourquoi il y a de moins en moins de volontaires pour effectuer cette charge supplémentaire! Pas étonnant avec ce genre de raisonnement! Personnellement, j’arrive le matin à 7h45 pour commencer à 9h00; Le midi, pause de 12h00 à 13h30 (j’utilise quand même 30 minutes pour manger, le reste du temps c’est pour le travail de direction) Le soir, je suis à l’école de 15h45 à 18h15. En arrivant le soir il reste le travail de classe puisque je n’ai qu’un quart de décharge! Le mercredi après-midi je commence le boulot à 14 heures pour finir vers 19H00 Quant au week end, quelques heures sont consacrées également au boulot Les vacances, n’en parlons pas! Bref, c’est vrai, travail en plus supposé???? En tout cas bien content que vous ne fassiez pas partie de l’équipe!!!Signaler un abus

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