Bernadette Groison Sébastien Sihr Frédérique Rolet

Bernadette Groison (au centre), secrétaire générale de la FSU, première fédération de l'éducation.

« Il y a urgence à réformer l’éducation prioritaire, la refondation de l’école doit passer par là », a affirmé ce mercredi matin Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Quelque 1.750 personnels de l’Education nationale, dont une majorité d’enseignants, ont répondu à une enquête de la FSU sur l’éducation prioritaire.

Les deux principaux constats de cette étude : deux répondants sur trois (69,65%) jugent que leurs conditions de travail ne sont pas satisfaisantes, et près de trois sur quatre (73,46%) estiment que les effectifs par classe sont trop lourds.

« Dans leur ensemble, les personnels considèrent qu’ils n’ont pas la possibilité de diversifier leurs pratiques professionnelles », précise Bernadette Groison, et les sondés regrettent notamment de ne pas travailler davantage avec de petits groupes d’élèves, en co-intervention, ou en équipe.

Fin du dispositif Eclair

La réduction des effectifs par classe est considérée par les personnels comme la mesure prioritaire pour améliorer la réussite des élèves, suivie de plus de temps « pour une réflexion pédagogique collective ». Pour rendre les établissements en zone d’éducation prioritaire plus attractifs, ils revendiquent en priorité « l’amélioration des conditions d’enseignement » et « plus de temps dégagé pour le travail en équipe ». Ils demandent en outre à l’institution d’accorder davantage de soutien aux équipes et aux personnels, et de garantir la pérennité des dispositifs et des moyens engagés.

La FSU revendique la fin du dispositif Eclair, « qui ne marche pas bien et qui est rejeté aujourd’hui par les personnels », et du profilage des postes. Elle demande par ailleurs que la carte scolaire soit repensée. La liste des établissements en zone d’éducation prioritaire doit devenir « évolutive », mais sans « sortie brutale » du dispositif des établissements qui amélioreraient leurs résultats.

Observatoire de la formation des enseignants

Bernadette Groison a annoncé que la FSU mènerait une autre étude sur un sujet crucial pour beaucoup d’enseignants, celui de leur formation. La fédération syndicale va installer début janvier 2014 un Observatoire de la formation des enseignants, qui analysera « ce qui se passe dans chaque ESPE » et collectera des retours « des formateurs et des étudiants ».

Bernadette Groison craint que le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon ne prenne pas de mesures assez énergiques cette année, alors qu’elle observe « des universités en difficulté sur la mise en place des maquettes de formation » et de nombreuses incertitudes liées aux recrutements, aux concours, aux conditions d’études et au statut de la recherche dans la formation initiale et continue.

« Nous ne voulons pas attendre« , déclare Bernadette Groison, qui annonce un premier point en avril prochain sur les dysfonctionnements observés.