Aux profs de prépa qui font beaucoup d’heures sup : « pas la peine de penser que je vais reculer » (Peillon)

Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a réaffirmé ce mercredi sur France Inter sa fermeté face à la grogne des professeurs de prépa, qui rejettent ses nouvelles mesures sur la pondération des heures d'enseignement.

Vincent Peillon n’a pas l’intention de reculer sur les propositions concernant les professeurs de classes préparatoires formulées dans le cadre des discussions sur l’évolution du métier enseignant. Il l’a rappelé ce mercredi sur France Inter.

Les profs faisant beaucoup d’heures sup « perdront le plus »

« Je suis très attaché aux classes préparatoires et elles ne sont absolument pas attaquées », a-t-il déclaré. « A l’intérieur des classes préparatoires on a des situations très disparates […] avec des gens qui travaillent 8h d’autres 16. Et donc nous avons une discussion avec les classes préparatoires pour mettre de la transparence, de la justice, de l’équité ».

Pour le ministre de l’Education nationale, il est « totalement inexact » d’affirmer que ces mesures vont entraîner une perte de salaire de 10 à 20 % pour tous les enseignants de prépa, comme le soutiennent certains. « Il y a même des professeurs de classes préparatoires (et surtout les plus jeunes), ceux qui sont à la fois en lycée et en classe préparatoire, qui vont gagner avec cette réforme. D’autres vont perdre, dans des proportions qui sont 3, 4, 5 % », a-t-il expliqué. Mais « ceux qui vont perdre le plus » sont les enseignants réalisant beaucoup d’heures supplémentaires, a reconnu Vincent Peillon.

Pas de recul sur les propositions formulées

Certains « font 6,7 ou 8 heures supplémentaires. Comment vous pouvez dire à la fois ‘8h, je ne peux pas faire plus, je suis surchargé’, et faire 8 heures supplémentaires ? Alors à ceux-là, je dis : ce n’est pas la peine de penser que je vais reculer, a prévenu le ministre. Il y a des principes de justice. Si on travaille beaucoup, on fait ses 10h, 9h ou 8h, mais on n’a pas au-delà de 4, 5 ou 6 heures supplémentaires. Et c’est ceux-là qui seront touchés. Mais ceux qui font leur travail dans le temps donné, ils vont au contraire être favorisés ».

La pondération des heures d’enseignement à 1,5 et la mise en place d’une obligation de service de 10h pour tous les enseignants de classe prépa font partie des propositions formulées par Vincent Peillon dans le cadre des discussions sur le métier enseignant. Elles sont très critiquées par les associations représentatives des professeurs de CPGE, et par certains syndicats et politiques. Pour protester contre ces mesures, une péti­tion avait été lan­cée, ainsi qu’un pré­avis de grève pour la jour­née du 9 décembre.

Source(s) :
  • Avec AFP

4 commentaires sur "Aux profs de prépa qui font beaucoup d’heures sup : « pas la peine de penser que je vais reculer » (Peillon)"

  1. lesagedesalpes  7 décembre 2013 à 9 h 17 min

    Non, Monsieur Peillon, vous n’êtes pas le défenseur que vous prétendez être des classes préparatoires. Vous faîtes partie de cette cohorte de pédagos qui ont une grande part de responsabilité dans le désastre éducatif actuel. Et vous criez au corporatisme et au conservatisme dès lors que l’on vous attaque sur vos positions.
    Professeur de prépa, je ne suis pas solidaire de ceux d’entre nous qui multiplient heures supplémentaires et colles et donnent une mauvaise image de ce corps d’enseignants. Mais nous désigner tous à la vindicte populiste est indigne. Souhaitez-vous que nous lancions nous aussi une campagne populiste contre ceux qui comme vous cherchent une sinécure européenne à 10000 Euros par mois? Est-ce être de gauche que d’envisager sans sourciller de toucher une telle somme pendant que la France est au bord du précipice?
    Vous travaillez dans un souci de justice, dites-vous? Comment expliquez-vous alors que dans votre système un prof d’allemand qui aura en tout et pour tout 4 élèves se verra octroyer le même salaire qu’un professeur de lettres , de philo ou d’anglais avec 34 élèves et 40 heures de corrections par paquet de copies?
    En réalité , vous menez une politique de droite. Soit, on a l’habitude, mais ce qui est insupportable, c’est le discours « vertueux » et les tartufferies qui l’accompagnent.Signaler un abus

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  2. lesagedesalpes  7 décembre 2013 à 10 h 49 min

    Les profs fai­sant beau­coup d’heures sup « per­dront le plus », dixit le ministre. Faux , Monsieur Peillon, et vous le savez bien. Il leur restera des heures supplémentaires et les autres gagnants, ce sera ceux qui ont de très petits effectifs. Et puis, il y aura toute une masse de professeurs littéraires, philosophes ou linguistes qui verront leurs revenus diminuer. Ca s’appelle la justice sociale selon vous?Signaler un abus

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  3. ProfCPGE  8 décembre 2013 à 4 h 32 min

    Comment fait on alors dans les classes où il y a 14 ou 16 h de math (ou de physique) à assurer, si les profs ne doivent plus faire plus de 10 h ? Monsieur Peillon ne s’est pas renseigné sur ce qu’est le vrai travail en prepa. Quelqu’un qui travaille 70 h par semaine, c’est normal qu’il gagne soit bien payé, non ? Tous les profs de prepa n’ont pas cette charge mais pourquoi sanctionner les excellents profs qui ont ces responsabilités de classes MP ou PC (ce n’est pas mon cas).
    Par ailleurs, Comment fait on pour assurer les heures alors que le ministère refuse de créer des postes (30 heures sur plusieurs classes et deux postes seulement par ex) ?Signaler un abus

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  4. audiogene  9 décembre 2013 à 21 h 37 min

    J’enseigne (cours en amphi et en section) dans une école nationale des beaux-arts (8h hebdo, voyage en TGV à mes frais) et dans une école supérieure de cinéma privée à Paris (22h hebdo) d’octobre à juin = 2500 euros net mensuel pour 850 étudiants…. No comment concernant ce risible et indécent débat.Signaler un abus

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